Dedalesonore (Ososphère) | The Shoes

Le week-end phare du festival de l’Ososphère s’est achevé hier soir dans un cadre des plus atypiques du côté du Port du Rhin et avec une belle programmation. L’équipe DedaleSonore s’est installée sur place en compagnie de Rue89Strasbourg, au cœur de l’événement ! Impressions et interviews.

Vendredi 27 septembre

Le calme avant la tempête

  DedaleSonore (Ososphère) | AmbianceAmbiance sur le site (photos DedaleSonore)

Arrivée sur site à 21h, prise de possession de nos locaux temporaires à l’entrée du S.U.B, derniers réglages avec l’organisation et petit tour des locaux encore vides pour prendre quelques photos de quand c’est tout beau, tout propre… C’est parti pour près de 7 heures d’électro !

Le calme avant la tempête ? En fait, on s’est senti très seuls pendant une bonne heure, autant dire qu’on a vraiment pu tout visiter de fond en comble. Et un premier constat s’impose, ce site a de la gueule ! Quelle bonne idée d’installer une partie du festival sur cet espace industriel au charme singulier.


Petite entrevue avec Toxic Avenger

On profite du début de soirée pour rencontrer Simon Delacroix alias Toxic Avenger avant son set au S.U.B (autrement dit l’entrepôt). Réellement impatient de donner le meilleur de lui-même face au public strasbourgeois, on a discuté identité musicale dans les loges :

[Toxic Avenger] Mes influences, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est la pop des années 80…
[DedaleSonore] Les Smiths par exemple ?
[Toxic Avenger] Voila exactement, tu pouvais pas mieux tomber !

Il en a aussi profité pour s’adresser directement au public (extrait vidéo) :

(Rue89Strasbourg/DedaleSonore)

Résultat, un live qui bouge bien, et même si on a passé un chouia plus de temps du côté du R.E.V, son live a bien lancé la soirée de ce côté du site.


The Shoes en DJ set pour attaquer la soirée

  The Shoes (photos DedaleSonore)

Ouverture des grilles, les spectateurs arrivent doucement. Parmi les premiers arrivés, LE nom qui a suscité le plus d’impatience est sans conteste Fatboy Slim, mais Kavinsky et The Shoes apparaissent en bonne place.

DedaleSonore (Ososphère) | The Shoes  Dedalesonore (Ososphère) | The ShoesThe Shoes (photos DedaleSonore)

Ainsi à 22h30, The Shoes démarre son set devant une petite poignée de personnes… Contrairement aux fois où on a déjà pu les voir enchaîner leurs tubes de Crack My Bones sur scène, Guillaume et Benjamin sont étaient ce soir en configuration DJ set pour mixer deux heures durant Sébastien Tellier, Woodkid, Lana Del Rey et autre Gesaffelstein… Une très bonne mise en bouche pour le reste de la nuit !


L’interview de Fatboy Slim, tête d’affiche de la soirée

DedaleSonore (Ososphère) | Interview Fatboy SlimFatboy Slim (photo Rue89Strasbourg/DedaleSonore)

Nous avons eu le privilège de rencontrer Fatboy Slim quelques minutes avant son show strasbourgeois pour recueillir ses premières impressions sur le lieu, lui demander ce qu’il allait nous proposer lors de son DJ set et tout simplement discuter musique.

Il nous a confié que le cadre portuaire et industriel de la Coop lui plaisait particulièrement, et semblait sincèrement ravi de s’y produire.

J’ai joué dans des grands festivals, dans des stades… mais là, quand on est arrivé sur place, on a longé les quais avec le bus, et j’ai vu l’endroit, ça fait un peu sale, j’adore ça !

Concernant le fait de jouer en France et son avis sur la scène électro française, il précise :

Avec un groupe comme Daft Punk, vous avez (les Français) l’un des plus grands représentants de l’électro ! On ne m’invite pas souvent en France, je ne sais pas trop pourquoi, mais en tout cas, j’aime beaucoup le public français !

Et s’il devait aller voir un autre set de la soirée…

Breakbot !

Comme une évidence. Extrait vidéo de l’interview :

(Rue89Strasbourg/DedaleSonore)


Breakbot déchaine les foules

DedaleSonore (Ososphère) | Breakbot  DedaleSonore (Ososphère) | BreakbotBreakbot (photos DedaleSonore)

En parlant de Breakbot, attendu par Fatboy Slim lui-même, son arrivée en costume blanc cheveux au vent a électrisé les fans (et les femmes) amassés côté R.E.V ! Le set est très dansant, très sympa. Il en profite pour glisser un petit clin d’œil à Yuksek, également à l’affiche de la soirée, en jouant Extraball.

DedaleSonore (Ososphère) | DedaleSonore  DedaleSonore (Ososphère) | BreakbotBreakbot (photos DedaleSonore)

Le live se clôt en compagnie d’Irfane, le chanteur strasbourgeois de Baby I’m Yours, qui a accompagné Breakbot pour 2-3 morceaux. Le chanteur d’Outlines qui avait visiblement l’air ravi de se retrouver à ses côtés face à la foule. De vrais bon moments ! En face, côté S.U.B, Booka Shade fait beaucoup de bruit mais Breakbot remporte la mise, les spectateurs ne s’y trompant pas.


L’heure des têtes d’affiche

2 heures de matin, c’est l’heure des choix pour les uns et les autres puisque les deux grosses affiches de la soirée jouent en même temps : Kavinsky succède à Breakbot côté R.E.V lorsque Fatboy Slim commence à jouer à l’intérieur (S.U.B).

DedaleSonore (Ososphère) | Kavinsky  DedaleSonore (Ososphère) | KavinskyKavinsky (photos DedaleSonore)

D’un côté, Kavinsky apparaît égal à lui-même, mystérieux, presque hautain. La communication n’est pas forcément son fort mais en mettant ça de côté, ça déroule et les morceaux les plus connus de son album Outrun sont très bien accueillis par le public. Et malgré la concurrence de Fatboy Slim, il y a du monde. Extrait :

Kavinsky – Protovision

DedaleSonore (Ososphère) | Fatboy Slim  DedaleSonore (Ososphère) | Fatboy SlimFatboy Slim (photos DedaleSonore)

Pendant ce temps, Norman Cook aka. Fatboy Slim nous concocte un set qui dépote autant qu’il était attendu. Il en aura néanmoins déçu un petit nombre qui s’attendaient à ce que l’Anglais nous joue tous ses titres les plus connus. Eh non : il y fait allusion en début ou fin de concert mais le reste est clairement un DJ set original, pas un alignement de ses tubes. C’est à ce moment-là de la soirée que la chaleur humaine se fait le plus ressentir (et c’est un euphémisme) : l’équipe est en nage.


La fin de soirée

  Yuksek et The Magician (photos DedaleSonore)

Après le passage des deux stars de la nuit, le site commence sérieusement à être déplumé, la plupart des spectateurs commençant tout doucement à quitter les lieux. La soirée est pourtant loin d’être terminée : Yuksek et son pote The Magician « s’affrontent » sur les deux scènes. C’est plutôt étonnant de les voir programmés à la même heure quand on sait qu’il collaborent régulièrement sous le nom de Peter & The Magician… Yuksek aura souffert de quelques problèmes de son au début de son set (c’est plutôt les ingés son qui ont du souffrir d’ailleurs) avant de dérouler, comme à son habitude, des créations perso (Always on The Run…) ou (clin d’œil là encore) de The Shoes (Time to Dance). The Magician de son côté nous a proposé un son beaucoup plus club, intéressant aussi. Une très belle fin de soirée !

Samedi 28 septembre

A l’aube du deuxième jour

DedaleSonore (Ososphère) | Madben  DedaleSonore (Ososphère) | MadbenMadben au tout début de son set (photos DedaleSonore)

Au programme de ce deuxième jour pour débuter : le lillois Madben au R.E.V et les lyonnais Spitzer au S.U.B, qui ont eu la lourde tâche de lancer les festivités. Un petit passage à chacun des sets s’imposait avant de filer dans les backstages pour les interviewer.

DedaleSonore (Ososphère) | Spitzer  DedaleSonore (Ososphère) | Ambiance sur le siteSpitzer au S.U.B / Ambiance sur le site à la fin de leur set (photos DedaleSonore)

Le premier a découvert l’électro dans les clubs belges avant de se mettre à mixer des sons connotés « Detroit », sous la houlette de Laurent Garnier. Les seconds sont deux frangins, qui mixent ensemble depuis la mort de leur groupe de rock, et dotés d’une énergie débordante quand ils sont sur scène.


Rencontre avec Madben

Nous avons eu l’occasion de rencontrer Madben après son DJ set d’ouverture. On a commencé par évoquer le peu d’affluence au tout début de son set (22h30)…

Oh ! Je saurai désormais que les soirées strasbourgeoises commencent à 23 heures, pas avant ! [rires] Mais ça s’est très vite rempli. C’est toujours difficile de débuter une soirée. J’avais pris ça en compte dans mon set en choisissant des morceaux assez posés, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’y aller plus fort ! [rires] Et même si avant 23 heures il n’y avait pas grand monde, je ressentais déjà l’énergie folle des gens.

Et concernant le cadre de la soirée :

J’avais déjà eu l’occasion de venir à l’Ososphère, mais c’était très agréable de jouer dans cet énorme chapiteau, l’ambiance du lieu était vraiment intéressante.

On a enfin évoqué Laurent Garnier, personnage important pour Madben tant il a joué un rôle de catalyseur dans sa carrière.

C’est certain que Laurent représente beaucoup pour moi. C’est génial de se retrouver à l’affiche d’un festival où il est présent tant il compte pour moi. C’est un des premiers à avoir diffusé ma musique, il a toujours été là pour me conseiller et a eu une grosse influence sur mon travail. Je lui en serai toujours reconnaissant !

Madben a désormais signé sur le label Astropolis Records, le nouveau label du festival brestois.


Rencontre avec Spitzer

On a enchaîné par l’interview des deux frangins lyonnais de Spitzer autour d’une petite bière en loges. On a également évoqué la difficulté de débuter la soirée :

C’est sûr c’est pas évident ! Quelqu’un d’autre aurait pu s’en charger, je pense à… [hésitation] n’importe qui d’autre en fait ! [rires]

Qu’est ce qui vous différencie des autres ce soir ?

Avant tout le fait qu’on a commencé la musique par le solfège, de vrais instruments… On n’est pas DJ à la base. On a eu un petit groupe de rock à l’époque du lycée, groupe qui a quand même tenu sept ans ! On n’a pas directement plongé dans l’électro quoi. Bon ça devient de plus en plus le cas mais ça a contribué à forger notre identité.

Concernant le cadre de la soirée, c’est quelque chose de différent pour vous, ou vous aviez déjà joué dans ce genre de lieu ?

En fait ça nous rappelle beaucoup les Nuits Sonores de Lyon ! C’est le genre d’endroits qu’on apprécie particulièrement. Aux Nuits Sonores aussi les sets ont lieu dans des endroits singuliers, comme de vieux entrepôts. Ce genre de cadre donne une autre dimension à l’évènement.

Et si vous deviez aller voir autre chose ce soir vous vous baladeriez où ?

On a des potes qui sont là forcément, il y a aussi des personnes qu’on apprécie et que l’on connait moins… Jackson and his Computer Band, on n’a jamais eu l’occasion de le voir ! Son premier album commence à vraiment dater, il a tardé pour la sortie du deuxième mais il a l’air vraiment pas mal ! En plus je crois qu’il est là avec sa nouvelle scénographie ce soir donc on ira probablement le voir. Et puis Laurent Garnier aussi. C’est un ami d’ami, et comme on dit…

Enfin, un petit mot pour les Strasbourgeois ?

C’est une très jolie ville ! On n’a jamais eu l’occasion de la visiter mais on ne voulait pas passer par ici sans au moins voir la cathédrale cet après-midi. On espère avoir l’occasion de revenir. Bon à part ça, on veut surtout remercier le public qui était chaud ce soir !


Joris Delacroix

DedaleSonore (Ososphère) | Joris Delacroix  DedaleSonore (Ososphère) | Joris DelacroixJoris Delacroix (photos DedaleSonore)

Entre deux interviews et quelques minutes d’attente pour une petite bière, on a fait un rapide passage par l’entrepôt pour prendre la température. Le public avait l’air de s’amuser sur le set de Joris Delacroix tout comme sur le suivant (Popof) ! Chaleur torride au programme, on a presque atteint la température de la veille pour Fatboy Slim, c’est dire !


Interview de Kölsch

DedaleSonore (Ososphère) | Kölsch(Rue89Strasbourg/DedaleSonore)

Kölsch nous a ouvert les portes de sa loge pour nous consacrer un peu de temps avant son live. L’occasion de discuter avec lui du cadre original de la soirée, de Strasbourg, où il n’était jamais venu, de l’électro en France (il se dit très admiratif de la scène électro française) mais aussi et surtout de sa musique et de son histoire personnelle. On en a profité pour lui en demander un peu plus sur son album 1977 (extrait vidéo) :

(Rue89Strasbourg/DedaleSonore)

Le mot d’ordre à retenir pour son public :

If you live by the fun, you die by the fun.

Kölsch était particulièrement impatient de commencer à jouer dans ce cadre industriel mais aussi d’en finir pour pouvoir se mêler à la foule et partir à la découverte des autres artistes du line-up de ce soir.

Who the fuck is Jackson & His Computer Band ?!

…nous a-t-il confié tout sourire, alors que les noms de la programmation de la soirée lui parlaient moins que ceux de la veille.


L’heure de Jackson and his Compuer Band et Rone

DedaleSonore (Ososphère) | Jackson and his Computer Band  DedaleSonore (Ososphère) | Jackson and his Computer Band

DedaleSonore (Ososphère) | Jackson and his Computer Band  DedaleSonore (Ososphère) | Jackson and his Computer Band

DedaleSonore (Ososphère) | Jackson and his Computer Band  DedaleSonore (Ososphère) | Jackson and his Computer Band

Jackson and his Computer Band (photos DedaleSonore)

Gros moment de la soirée : le set de Jackson and his Computer Band, véritable claque tant visuelle que sonore. Même s’il faut bien avouer que le personnage reste étrange au milieu de sa Computer Band, brandissant son bras d’acier… Extrait :

Jackson and his Computer Band – Arp #1 (DedaleSonore)
Deuxième vidéo

Au programme, comme aux Eurockéennes, surtout des morceaux de son 2ème album, comme la très profonde Arp #1 en ouverture.

DedaleSonore (Ososphère) | Rone  DedaleSonore (Ososphère) | RoneRone (photos Rue89Strasbourg)

On ne va pas se mentir, Rone était un des noms qui nous faisait le plus rêver ce soir, mais nous étions occupés tout le long de son set… Bien dommage au vu des réactions d’après-concert. Les strasbourgeois ne s’y sont pas trompés : le breton était un des artistes à ne pas manquer ce soir. Mais on s’est rattrapés en interview !


Interview Jackson and his Computer Band

Nous avons rencontré Jackson avant son set au chapiteau. Il nous a reçu dans sa loge pour évoquer avec nous sa musique, sa nouvelle scénographie, et forcément, l’attente suscitée par son nouvel album, Glow, sorti près de 8 ans après Smash.

On pourrait être assez facilement dérouté face à ton nouvel album. Quand on prend Arp #1 et Vista, ce sont deux morceaux, deux styles totalement différents… Comment arrives-tu à retranscrire tout ça sur scène ?

Oui effectivement, j’ai voulu explorer plein de possibilités dans cet album. C’est ma démarche, je ne fais pas de la musique expérimentale mais j’explore différentes possibilités. On ressent peut-être plus ces différences sur l’album, que sur scène. Les morceaux sont forcément retravaillés et en live cette cohérence est plus flagrante.

Huit ans qu’on attendant la sortie de ton deuxième album… Tu as fait quoi tout ce temps ? Ca n’a pas posé de problème à ton label (Warp Records) ?

Je n’avais pas envie de me précipiter. Je n’ai pas passé huit ans sans rien faire, j’ai fait une BO de film, et la préparation de cet album a été assez longue. Ca n’a pas posé problème à mon label, ils sont patients.

Tu n’es plus réellement seul sur scène, tu es là ce soir avec ton nouveau dispositif scénique. Tu peux nous en parler ?

Je serai accompagné de ma Computer Band, qui apparait désormais clairement, sous la forme d’une espèce de machine. Elle me permet de contrôler la musique, c’est une manière de montrer que la musique ne sort pas de nulle part mais qu’elle se construit.


Double interview de Rone

Nous avons eu l’occasion de rencontrer Rone par deux fois, avant et après son concert. Nous avons d’abord discuté de Strasbourg et de l’Ososphère où il s’était déjà produit.

Je suis déjà venu à l’Ososphère il y a 3-4 ans je pense, mais ce n’était pas dans ce lieu je crois, il me semble que c’était à la Laiterie… C’est vraiment une bonne idée que le festival s’installe ici. J’ai déjà repéré la scène, ça va être pas mal !

Où en es-tu dans tes projets ? Vu ton background (il a fait des études de cinéma), est-ce que tu comptes plus mêler image et son à l’avenir ?

J’ai plein de projets. Je travaille actuellement sur le prochain album, je n’arrête jamais réellement. Mais c’est un plaisir. Je travaille aussi sur de nouvelles collaborations… L’idée serait de croiser plusieurs démarches, travailler sur des images qui pourraient s’accorder à ma musique, mais aussi créer de la musique alors que les images existent déjà. J’ai vraiment envie de travailler pour les autres en parallèle. Une des voies à explorer sera donc le cinéma ! Mais je ne me vois pas arrêter la scène ! J’aimerais vraiment mixer jusqu’à mes 50 ans ! [rires]

Nous avons eu la chance de revoir Erwan quelques minutes après son concert, visiblement ravi de l’accueil qui lui a été réservé par le public strasbourgeois ! Extrait vidéo :

(Rue89Strasbourg/DedaleSonore)


Fin de soirée avec Bakermat et Laurent Garnier

DedaleSonore (Ososphère) | Bakermat  DedaleSonore (Ososphère) | BakermatBakermat (photos DedaleSonore)

Le week-end touche doucement à sa fin. Du côté du R.E.V, Bakermat aura été pour nous la découverte de la soirée. Le DJ et son saxophoniste ont réellement mis le feu au chapiteau. Mention spéciale à You’ve Got The Love de Florence and The Machine en clôture. Extrait de Vandaag :

Bakermat - Vandaag (DedaleSonore)

DedaleSonore (Ososphère) | Laurent Garnier  DedaleSonore (Ososphère) | Laurent GarnierLaurent Garnier (photos DedaleSonore)

Bakermat achevant son set à 5 heures, il reste une bonne heure pour finir avec du gros son : ça tombe bien Laurent Garnier envoie du lourd dans l’entrepôt. Du très gros son clôturant un week-end fourni en décibels.


Bilan

L’Ososphère 2013 aura été un beau cru. On aura eu droit à deux soirées au final assez différentes. Principalement au niveau de la programmation, avec pas mal de noms connus même par le grand public le vendredi, et une soirée plus pointue le samedi. Le public a par conséquent été assez différent : de nombreux étudiants le vendredi, avec une attente impressionnante pour Fatboy Slim (Kavinsky loin derrière en deuxième), et une moyenne d’âge de cinq ans supérieure le lendemain. Malgré la déception de certains face au DJ set de Norman Cook (eh non il ne passe pas son temps à rediffuser ses tubes du début des années 2000), pas une seule fausse note au programme, sauf peut-être l’absence de performances artistiques… C’est quand même dans les gênes de l’Ososphère de mêler les arts graphiques et numériques au reste de l’évènement… Mais on nous promet quelque chose pour le mois de février. Stay tuned !


Galerie


Playlist


Ailleurs…

L’ensemble du live report est à revivre sur Rue89Strasbourg !
Et de magnifiques photos sont dispos par là.


28 septembre 2013 Live Report

Bilan Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Ah les Eurockéeennes ! Le plus beau des festivals de l’Est (DedaleSonore approved) nous proposait cette année sa 25ème édition. Encore une fois, on y était. Et on compte bien vous raconter notre week-end, exceptionnellement cette année en version extended, sur 4 jours. On vous avait conseillé un carnet de route pour organiser votre week-end… Vous verrez qu’on s’en est parfois un peu éloignés. C’est ça aussi les Eurockéennes : espérer voir plein de trucs et finalement y aller un peu au feeling. Bilan de ces 4 jours de musique, de soleil et d’apéros dans le cadre enchanteur de la Presqu’île du Malsaucy.


[#DAY1] JEUDI

Nos Eurockéennes 2013 se sont ouvertes avec le premier concert du week-end sur la Grande Scène, celui de GARY CLARK JR. Bien sympathique en fin d’après-midi ensoleillée (mais non moins boueuse étant donné les orages de la veille, qui auront malgré tout épargné l’intégralité des 4 jours de fête cette année), même si la Grande Scène paraissait totalement surdimensionnée pour Gary et ses acolytes. Les JUVENILES, qui devaient de leur côté gérer une scène bien plus petite, y sont parvenus avec brio. Les rennais, devenus incontournables en quelques mois à peine, accompagnés de leurs synthés et de leur pop new wave, ont réussi à faire danser la Plage. Des morceaux bruts, une pop froide, des synthés glacés, idéal pour une fin d’après-midi presque caniculaire. Un concert assez intense avec une mention particulière pour We Are Young. Kiffant. Constat au passage : il y a bien plus de monde que ce à quoi on pouvait s’attendre en un jeudi très inhabituel. Ca fait plaisir. On espérait ensuite échapper à ASAF AVIDAN, c’est raté. C’était finalement « moins pire » que prévu, mais mon avis marqué sur le personnage et sa voix (que l’on considère toujours comme insupportable) n’ont pas changé. Retour à la Plage pour ALT-J, probablement un des concerts qu’on attendait le plus cette année. Et finalement… Finalement leur présence scénique très faible et l’apport très limité du live à leur musique (en particulier sur une scène de festival), n’ont fait de ce concert qu’un moment agréable, sans plus. Un petit passage par la Grande Scène pour la fin de -M- (qui du côté de la présence scénique est plutôt doué, faut bien le dire) et il est l’heure d’aller voir CHAPELIER FOU et son électro instrumentale. Là encore, c’est assez peu convaincus qu’on repartira du Club Loggia ; sa musique minimaliste et maîtrisée malgré ses impros nous aura certes permis de nous échapper, mais ça manquait un chouia d’entrain. Changement d’ambiance en enchaînant non pas par JAMIROQUAI comme prévu, mais étonnamment par MAJOR LAZER. Plutôt qu’une plongée dans la funk et les années 1990 avec le Space Cowboy, ça a été une plongée dans un espèce de néant musical… Clairement le plus mauvais concert du week-end (musicalement parlant), peut-être même le plus mauvais depuis le passage de Missy Elliott en 2010 (l’épisode de la bouteille en verre, rappelez-vous…), et pourtant, et pourtant… Rarement on aura vu une ambiance aussi explosive. La Plage est en délire. On se permet quand même de rester pas loin de la consternation (on a eu droit à un début de Harlem Shake, on est d’accord que c’est totalement dépassé ?). Clôture de la soirée, le producteur et DJ allemand BOYS NOIZE nous aura convaincu avec son set de plus d’une heure sur l’Esplanade Green Room. Un show rudement bien mené et très efficace perché sur sa tête de mort lumineuse. Au point d’oublier clairement que LA FEMME joue au même instant au Club Loggia. Ce sera pour la prochaine fois.

Juveniles @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Malsaucy @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Alt-J @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore


[#DAY2] VENDREDI

On commence ce deuxième jour par un très rapide passage par la Grande Scène pour AIRBOURNE, du hard-rock seventies puissant, assez entraînant. Puis c’est très vite l’heure du groupe pop-folk LILLY WOOD & THE PRICK, qui ne s’était (et c’en est presque étonnant, non ?) pas encore produit au Malsaucy, malgré plus de cinq ans d’activité. Un concert très gentillet, très pro (un peu trop ?), qui s’est achevé très gentillement sur un très gentil enchaînement Hey It’s Ok, Down the Drain, My Best. On danse un peu, sans pour autant risquer un seul instant de renverser nos pintes de bière : gentil dans l’ensemble quoi. Les bières terminées, il est l’heure de se rapprocher de la Grande Scène pour SKIP THE USE, dont les concerts sont généralement plus mouvementés. C’est drôle la première fois (Artefacts 2012 à la Laiterie), mais la seconde c’est vite lassant. Mais ce qui est certain, c’est qu’il est impossible de nier l’engagement scénique de Mat Bastard. Après Cup of Coffee, la curiosité nous pousse à jeter un œil à la création Eurockéennes de l’année : le CLUB DES JUSTICIERS MILLIARDAIRES D’ABIDJAN. Major Lazer ne valait pas le coup jeudi, on tient là notre flop du vendredi. Du hip-hop sans grand intérêt affublé d’animations vidéo réalisées sur Windows Movie Maker. Un demi-point quand même pour les petits noms du crew : Anaconda Dj Serpent Noir Sarkozy ou encore les danseuses de l’Ecole du Cul. Un demi-point on a dit. Et cinq petites minutes maximum. Il est temps d’aller à l’Esplanade Green Room pour la venue de Yoann Lemoine, alias WOODKID. Un gars qui ne fait pas l’unanimité : on crie au génie, on crie au scandale. Mais généralement, on crie. On doutait, mais on espérait de certains morceaux qu’ils soient jouissifs en live. Raté. Chiant, artificiel et limite mégalo. La prochaine fois, autant projeter ses clips à la buvette, on s’en satisfera. Très bien pour des publicités vantant les voitures de qualité française, moins bien en live. C’est ainsi. Après un très rapide passage dans le coin de la Grande Scène pour les SMASHING PUMPKINS, gros morceau du rock alternatif US, c’est l’heure de GESAFFELSTEIN, en live sur l’Esplanade Green Room. Une heure d’electro sombre, très noire, violente et presque oppressante, si proche au premier regard mais tellement éloignée de son prédécesseur sur cette scène. Le « nouveau prince de la techno française » a mérité son titre. Mention spéciale à Pursuit et Viol : très bien pour des publicités vantant les voitures de qualité française, encore mieux en live. C’est ainsi ! Piste d’envol parfaite pour se lancer à l’assaut de la Grande Scène pour revoir les BLOODY BEETROOTS dont le live aura été rondement bien mené. Un peu moins bourrin qu’il y a quelques temps sur la Plage mais bien kiffant !

Lilly Wood and the Prick @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Coucher du soleil @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Club des Justiciers @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Woodkid @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore


[#DAY3] SAMEDI

Troisième jour n’est en 2013 pas dernier jour : voici tout l’intérêt de prolonger le festival d’une journée. Un samedi qui est probablement la meilleure journée du week-end pour les amateurs d’électro, avec notamment le retour de LA PLAGE A PEDRO en fil rouge de la soirée. Mais c’est avec la fin du concert de BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB que l’on commence cette journée. Du rock sauvage programmé un peu tôt, c’est un peu dommage. On enchaîne avec MYKKI BLANCO qui ouvre la Plage à Pedro : du hip-hop balancé par des mecs au style qu’on qualifiera de particulier. Pourquoi pas. Après une petite pause en compagnie de BUSY P (Pedro Winter), on enchaîne avec DINOSAUR JR. Il faut bien le dire, cette programmation au milieu de la Plage à Pedro semblait étrange. Après une ovation demandée par Pedro qui semble vraiment les apprécier, ils assurent le show avec leur grunge brut à l’ancienne, le son est plutôt bon, la Plage est ravie. Busy P reprend du service avant l’arrivée tardive des mecs d’IS TROPICAL. Quelques difficultés pour installer le matériel, suivies de quelques difficultés au début du concert, et d’une « gueule de bois » selon leurs propres mots… C’est un peu mal parti et ils ont eu un peu de mal à se rattraper, même si l’ensemble n’était pas dégueu. Même The Greeks était en-deçà de ce qu’on était en droit d’attendre. Petite interruption dans le fin de la soirée très Plage à Pedro pour se rendre du côté de la Grande Scène qui accueille les TWO DOOR CINEMA CLUB, de retour après un premier passage (il y a deux ans pour la sortie du succès Tourist History). Le nouvel opus, Beacon, est un peu en-dessous. Ca se ressent en concert : plutôt joyeux, assez plaisant, mais assez peu d’énergie. Et surtout un peu en mode grosse tête : tout est carré, mais pas forcément très sincère. Il manque clairement un brin de folie chez ces irlandais. L’envie s’effrite petit-à-petit et l’heure de l’abandon approche. Wake Up, un des meilleurs morceaux de Beacon, aura été de trop. On se rassasie avec un mec au look tellement improbable (style norvégien blond aux cheveux longs en survet blanc qui veut se donner l’air plus jeune qu’il ne l’est)… Il ne faut pas se fier aux apparences. Le live du français JACKSON AND HIS COMPUTER BAND a été un des meilleurs moments de la Plage à Pedro 2013. Huit ans qu’il se cachait on ne sait où, et effectivement, c’est bien dommage. Heureusement qu’il est venu nous rappeler qu’il est l’un des meilleurs éléments de la musique électro hexagonale. Un set efficace agrémenté de montées toujours bien amenées. On valide. Encore une infidélité à la Plage à Pedro pour le concert de FAUVE. Un monde fou s’est entassé jusqu’à une distance importante de la scène (mais pourquoi donc ne pas les avoir programmé sur une plus grande scène ?). Alors, groupe en carton ou véritablement sincère dans sa démarche ? On leur avait accordé cinq minutes pour nous fournir la réponse. On est restés tout le long. Heureux de jouer pour la première fois devant autant de monde, leur énergie a conquis la foule. Les paroles paraissent parfois un peu niaises, l’ensemble ressemble parfois à du vulgaire slam, mais ça déborde d’énergie, c’est ultra-communicatif. On retiendra Hauts les cœurs et surtout la clôture Blizzard, Nuits Fauves, Kané. Ovation. C’était bien, le doute sur la sincérité du groupe se lève largement, reste peut-être celui à propos de leur devenir à plus long terme. Les concerts à ne pas manquer s’enchaînent. Vient l’heure de PHOENIX sur la Grande Scène, l’autre groupe français à faire son retour cette année, mais le seul des deux à faire ce retour sur scène. Déçu par leur dernier passage (un dimanche après-midi sur la Grande Scène) où le manque de charisme et de présence scénique était flagrant ; il y a du mieux, même s’il y a encore du travail. Et comme Bankrupt! n’est pas absolument exceptionnel, ce léger mieux au niveau de la présence scénique n’aura pas suffi. Il est l’heure de clore la soirée par un dernier passage à la Plage à Pedro, avec tout d’abord KAVINSKY, dont le set avait été interrompu par les orages lors de l’édition précédente. Un DJ set assez peu inspiré dont on se contentera avant l’arrivée de CASSIUS que l’on attendait avec plus d’impatience. Un DJ set plutôt bien mené clôturant parfaitement cette journée en jouant les prolongations au-delà des 3h. Mention spéciale pour Aerodynamic mixé avec We Are Your Friends et I <3 U SO en fil rouge du set.

Dinosaur Jr @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Chaussures @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Coucher du soleil @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Phoenix @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore


[#DAY4] DIMANCHE

Un quatrième jour de festivités qui s’annonce très rock. La fatigue se faisant sentir et le barbecue jouant (probablement volontairement) les prolongations, on n’arrive que pour le début de MASS HYSTERIA (on se contentera du début et de ce simple commentaire) avant d’aller voir les BLACK ANGELS de très loin à l’ombre de la buvette, en passant par l’Esplanade Green Room où se produisent, très en retard et (on l’apprendra par la suite) sans leur matériel (resté dans un camion perdu sur les routes du Territoire de Belfort) les VACCINES. Pas subjugués par la programmation du jour, on flâne au gré des envies. CHVRCHES assure le strict minimum au Club Loggia, TAME IMPALA ne soulève pas les foules. On se surprend à adhérer à SKUNK ANASIE et à sa très belle chanteuse Deborah Dyer, qui tentera avec succès un slam debout dans la foule. C’est rythmé, c’est sympa, sans qu’on n’en soit pour autant subjugués. DISCLOSURE semble assurer, ça passe très bien en musique d’ambiance pour chiller devant la Grande Scène. LA tête d’affiche du week-end se lance : Damon Albarn revient avec BLUR 18 ans après un premier passage. Girls & Boys ouvre l’heure et demi sur les chapeaux de roue, mais tout s’effondre très vite, avec des enchaînements laborieux, des gros moments de flottement. On aurait définitivement préféré qu’il se pointe avec Gorillaz. On va se poser à la Plage où RED FANG joue devant trois pelés qui attendent le feu d’artifice final, d’où on entendra de bien loin les notes finales de Song 2.

Black Angels @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Tame Impala @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Pirate @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Skunk Anansie @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore

Feu d'artifice @ Eurockéennes 2013 | DedaleSonore


Ces quatre jours de festivités se sont ouverts sur un jeudi très encourageant tant au niveau de la fréquentation que de la programmation, avant de se poursuivre par un vendredi légèrement en demi-teinte, un samedi quasiment parfait et de se clore par un dimanche mollasson à l’image d’une motivation d’un quatrième jour peut-être de trop. Une très belle édition dans l’ensemble, qui a battu tous les records de fréquentation du festival avec 127000 personnes. Dans l’équipe, on est plutôt du genre accros. Parfois convaincus, parfois déçus, tantôt subjugués, tantôt surpris. Toujours fidèles. Rendez-vous bien entendu encore une fois l’an prochain !


Réécoutez notre playlist Eurockéennes 2013

Retrouvez nos photos du week-end (pas toutes très franchement réussies) sur le compte Instagram DedaleSonore, et toutes les photos Instagram tagguées #Eurocks2013 et #Eurocks

Relisez également nos bilans des années précédentes ! 2012, 2011 #1 #2 et #3, 2010 #1 et #2

26 juillet 2013 Live Report

Festival des Artefacts 2013 à Strasbourg | DedaleSonore

Rythmant chaque année la fin du mois d’avril, les Artefacts s’apparentent à un pèlerinage musical annuel obligatoire pour nombre de Strasbourgeois et d’Alsaciens. Prenant position dans les places fortes de la culture musicale locale -La Laiterie, La Salle des Fêtes de Schiltigheim et le Zénith- le festival propose chaque année un programme hétéroclite qui convient autant aux amateurs de variété française, qu’aux amateurs de pop/rock ou aux DJs en herbe.

Festival des Artefacts
26/27/28 avril 2013
Zénith de Strasbourg, Strasbourg

Le cru 2013 offrait ainsi quelques noms alléchants : Olivia Ruiz, Wax Tailor, C2C, Archive, Benjamin Biolay ou Woodkid pour ne citer qu’eux… Un petit retour sur les deux dernières journées du festival au Zénith s’impose, histoire de vous partager nos coups de cœur à voir sans plus attendre quand vous en aurez l’occasion.

Samedi |

avec C2C, Wax Tailor & The Dusty Rainbow Experience, Keny Arkana, Kery James, DJ Kentaro, La Fanfare en Pétard

Bon le retour sur ces journées sera bref étant donné que je n’étais pas vraiment emballé par la programmation de vendredi, ni par celle de samedi à part Wax Tailor et C2C. Du coup je ne suis allé voir que ça mais franchement, ces deux concerts valaient le coup tant l’énergie de Jean-Christophe Le Saoût aka. Wax Tailor et des DJs Nantais de C2C était communicative. Pour ne pas beaucoup connaître le premier groupe, j’ai été franchement agréablement surpris par le rythme affiché, ainsi que par les venues sur scène des différents chanteurs qui apportaient un vrai dynamisme au show. Autant dire que le public était bien chaud avant la venue attendue par beaucoup de C2C.

Et il faut dire que les quatre membres -chacun derrière son bloc platine- n’ont pas gagné quatre fois le Disco Mix Club pour rien. L’entrée sur The Cell (à mon sens, le meilleur titre de Tetra) est vraiment excellente, le show est visuel et auditif. Les membres du groupe seront même rejoints par un batteur, des trompettistes, un joueur de kora, etc. Un melting pot sonore du tonnerre en somme. Fidèles à eux-mêmes, les quatre Nantais assurent le show, haranguent la foule venue en masse (10 000 personnes environ), enchaînent leurs tubes entre deux battles qui opposent 20Syl et Greem d’Hocus Pocus à Atom et Pfel de Beat Torrent. Bref, C2C est rodé pour les concerts et ça se sent, une belle réussite ! Si bien que tout le monde s’en est allé conquis après le concert, laissant le pauvre DJ Kentaro seul (ou presque) dans la salle…

Arcades (live à Uzes) | C2C

Dimanche |

Avec Archive, Benjamin Biolay, Woodkid, Lou Doillon, Lescop, La Femme

Arrive le dimanche, pour moi le meilleur jour niveau programmation. Mais visiblement ce n’était pas le cas pour tout le monde parce que la journée s’apparentait presque à un flop total pour les organisateurs. Au plus fort de l’après-midi, seuls 3000 voire 4000 spectateurs maximum s’étaient réunis dans « la lampe d’Aladin » (dixit Massimiliano Fuksas, architecte du Zénith). Et pourtant elle était belle cette prog’ avec de la bonne pop-surf (La Femme), une lauréate des Victoires de la musique (Lou Doillon),  un artiste chevronné (Benjamin Biolay), un groupe renommé (Archive) et deux groupes révélation (Lescop et Woodkid).

Arrivé sur les coups de 15h sur quelques échos des synthés et des grattes de La Femme, le public présent se presse dans la salle pour écouter un groupe franchement étonnant et détonant. Venus du sud-ouest, les gais lurons Biarrots réchauffent vite les corps malgré le froid ambiant. La pop-surf donc ou pop-yéyé est franchement efficace. L’univers totalement torturé et délirant du groupe fait mouche auprès du public. Ça sonne années 80, ça fait un peu kitsch mais dans le bon sens du terme, bref c’est une franche réussite. Sur La Planche, Antitaxi, Nous Etions Deux ou It’s Time To Wake Up (2023) présents sur le très bon album Psycho Tropical Berlin sont des titres excellents. La Femme assure !

Sur La Planche 2013 | La Femme

Lescop enchaîne vers 16h20 et pour le coup je ne connaissais absolument pas. Et bien là encore, c’est une belle réussite. La pop très « dahossienne » d’un Lescop lui-même très Etienne Daho dans ses mouvements et ses attitudes s’avère très rafraîchissante. Une belle découverte.

La Nuit Américaine | Lescop

Le temps de manger un petit en-cas et ça repart avec Lou Doillon. Je n’ai jamais vraiment accroché pour être honnête, ce n’est pas nul, ce n’est pas génial non plus, deux-trois morceaux sont presque dansants dont Should I Stay or Should I Go, reprise des Clash, mais dans l’ensemble c’est terne. Disons que si vous voulez écouter un truc tranquille ça peut-être sympa (et encore je ne suis pas trop fan de la voix de Lou) mais ça s’arrête là pour moi.

Arrive Benjamin Biolay, le « mauvais garçon » de la scène française, tombeur de nombre de ces dames. Venu présenter quelques titres de son dernier opus, Biolay reste fidèle à lui-même, excellent parolier, excellent compositeur. Forcément, ce n’est pas toujours très joyeux, ce n’est pas fait pour les dépressifs mais ça bouge bien et ça sonne bien. J’ai adoré l’entrée en scène pleine d’auto-dérision de Biolay. Une voix très critique envers la pop française qualifiant son dernier disque comme « à chier« . Je n’irai pas jusque-là, vraiment pas même. Si je comprends que le personnage puisse déranger, Biolay a un vrai talent d’écriture, il n’y a qu’à écouter La Superbe ou le génial Padam, très virevoltant. Le public se prêtant au jeu des « j’attendais en vain que le monde entier m’acclame« , un brin narcissique si on le prend au sérieux mais franchement classe.  Il aura même le temps de nous chanter un couplet de Clint Eastwood de Gorillaz, étonnant !

Petite pause pour manger avant une prestation que j’ai trouvé géniale, celle de Woodkid alias Yoann Lemoine, le genre de personne qui a de l’or dans les mains : tantôt réalisateur de clip pour Katy Perry, Rihanna ou Lana Del Rey, graphiste réputé et maintenant chanteur à succès… Typiquement le mec qui nous donne le cafard lorsque l’on se rend compte que nous ne sommes même pas capable de réaliser une seule chose correctement… Bref, Woodkid, c’est grand (les Dernières Nouvelles d’Alsace, très critiques, ont préféré opter pour un inapproprié « pompeux »), Yoann et ses potes musiciens aux synthés, aux cuivres, aux percussions ont un peps incroyable. L’écran géant derrière le groupe laisse apparaître l’ombre des membres et quelques décors de cathédrales, ça fait très religieux mais ça dépote. Woodkid et ses musiciens ont une énergie communicative et font participer très régulièrement le public. Alors oui, ça peut paraître « hipster » pour beaucoup mais j’ai trouvé ça franchement super et je vous conseille de vous faire votre propre opinion en allant voir le groupe sur scène.

Baltimore’s Fireflies & Run Boy Run (live à Zagreb) | Woodkid

La nuit s’achève par la prestation en demi-teinte d’Archive qui ne fait pas le poids après Woodkid. Alors forcément, il y a toujours quelques bons morceaux mais il a fallu attendre longtemps avant d’avoir droit à quelques titres qui ont fait la renommée du groupe, je parle de Fuck U ou You Make Me Feel par exemple. Hélas, et je n’attendais que ça, Again n’a pas été jouée et rien que pour ça, la prestation du groupe a perdu en qualité à mes yeux. Sympa mais sans plus donc.

You Make Me Feel & Dangervisit (live à Athènes) | Archive 

Deux bons groupes le samedi, un très bon dimanche dans l’ensemble (hormis la parenthèse sieste de Lou Doillon), les deux derniers jours des Artefacts au Zénith valaient le coup. La bonne nouvelle c’est que tous les groupes du dimanche (en dehors de Benjamin Biolay et Lescop) se produiront aux Eurockéennes de Belfort en juillet et que vous pourrez vous rattraper si vous avez manqué La Femme et Woodkid !

30 avril 2013 Live Report

DedaleSonore | Local Natives

Local Natives, l’excellente formation californienne était de passage samedi dernier à La Laiterie, l’occasion pour votre équipe d’aller y faire un tour.

Local Natives (USA) + WALL. (UK)
2 mars 2013
La Laiterie, Strasbourg

Rendez-vous sur les coups de 20h30 pour la première partie, WALL. Le groupe britannique -mené par la charmante Lyla Foy- à l’électro minimaliste passe vraiment bien. La chanteuse aidée par ses deux acolytes scéniques est la tête pensante du groupe puisqu’elle est à la fois à l’écriture, à l’enregistrement et à la production. Une bonne pioche à découvrir ci-dessous ainsi que sur leur page Facebook et Soundcloud.

Une heure plus tard déboule le groupe phare de la soirée qui, à ma grande surprise, ne jouait que dans la petite salle de La Laiterie. Étonnant, sachant que les Américains commencent doucement mais sûrement à se faire une place dans le paysage musical.

Après deux albums de très bonne facture, Gorilla Manor en 2009 et Hummingbird en 2013, Local Natives m’avait franchement convaincu. La bande emmenée par Kelcey Ayer et Taylor Rice arrive vers 21h30 après s’être occupée de gérer les derniers détails techniques elle-même. Ca change de ces groupes qui ont une centaine de techniciens avec eux par tournée…

L’entrée sur You & I est très sympa. Comme je l’avais écrit dans la chronique d’Hummingbird, ce second opus est beaucoup plus intime, beaucoup plus mélancolique, Kelcey dédiant nombre de titres à sa défunte mère. Durant l’heure de concert (un peu court, avouons-le), le groupe offrira donc à son public un voyage entre ses morceaux accrocheurs du premier album et ceux plus subtils du second.

De Breakers à l’excellent Heavy Feet en passant par les titres qui ont fait leur renommée (Wide Eyes, World News, Airplanes, Sun Hands) et la superbe reprise des Talking Heads, Warning Signs -qui apparaît également sur Gorilla Manor- le groupe nous régale. Les chœurs sont superbes, les voix de Kelcey et Taylor au poil, de quoi ravir le public plutôt « jeune ». Petit (gros ?) bémol, le son est fort, très fort, si bien que j’ai cru perdre un tympan dans l’affaire…

Breakers (live) | Local Natives

Les cinq Californiens auront joué rapidement mais efficacement. Je reste un peu sur ma faim en me disant que certains morceaux auraient peut-être pu bénéficier d’une rallonge. Si Airplanes, Wide Eyes et Sun Hands qui a ponctué le show auront vraiment été pour beaucoup les moments forts de la soirée  j’ai pour ma part plus qu’adoré l’interprétation de Warning Signs, très rock. Mentions également pour tous ces nouveaux titres d’Hummingbird, parfois moins bruyants mais à mon sens, nettement plus émouvants.

6 mars 2013 Live Report

DedaleSonore | Sigur Ros

Sigur Rós près de chez nous, voilà un évènement à ne pas louper. Troisième délocalisation hors de France pour le Dedale donc pour un concert qui restera gravé dans nos mémoires.

Sigur Rós (ISL) + Blanck Mass (UK)
24 février 2013
St. Jakobshalle, Bâle (Suisse)

Après Bon Iver à Stuttgart, les Red Hot Chili Peppers et The Wanton Bishops à Beyrouth, on traverse le Rhin une nouvelle fois pour un groupe tout droit venu du froid islandais (ça tombe bien, c’est de saison),  Sigur Rós ! Direction Bâle  pour l’occasion et son St. Jakobshalle. La salle, rectangulaire, pouvant accueillir plus de 10 000 personnes est de bonne facture. La foule se presse quelques minutes avant la première partie programmée dès 19h15, l’occasion d’entendre beaucoup de Français qui comme nous, ont fait le déplacement pour cet évènement unique.

Blanck Mass sera le premier artiste à se produire sur scène. Sa musique est planante à souhait. Pendant 45 minutes, l’Anglais, caché derrière le rideau de la scène (non, il ne semble pas agoraphobe pour autant) utilisera ses instruments pour composer devant nous des sons plus ou moins cosmiques. De la musique électro souvent douce teintée de M83 par-là ou de Radiohead par-ci que le public semble apprécier, moi-aussi d’ailleurs, même si je l’avoue, passé les 3/4 d’heure, ça devient un peu redondant (vous pouvez vous faire votre propre idée par ici).

30 minutes d’attente plus tard, Jónsi et ses acolytes arrivent sur scène, presque sans bruit, toujours cachés derrière cet imposant rideau sur lequel se projettent dessins et ombres chinoises. Et là, c’est le choc. Visuellement, on approche du sublime, un écran géant incurvé au-dessus de la scène diffuse tantôt des images de la belle nature islandaise, tantôt des aurores polaires ou encore des hommes et femmes sur des lumières vives (rouge, vert ou bleu), si bien que l’on se croit presque au cinéma, Sigur Rós mettant en musique ces différents films, grandiose.

Le rideau tombe en plein milieu de l’excellent Ný Batterí (3ème chanson jouée) sous les applaudissements de la foule laissant apparaître les 11 musiciens (6 hommes et 5 femmes) ! Face à nous, un orchestre a décidé de nous en mettre plein la vue. Jonglant entre douceur et déchaînement musical, les Islandais prouvent qu’ils ont plusieurs cordes à leur arc et que non, le groupe ne compose pas que des titres calmes et lents. J’avoue que j’ai même été surpris par l’interprétation très rock de certains morceaux.

En fait, durant les presque 2 heures de show, tous les meilleurs titres (ou presque) seront joués pour le plus grand bonheur d’un public acquis à la cause du groupe. Le mélancolique Untitled #1 aka. Vaka, les merveilleux Sæglópur, Olsen Olsen et Varúð, le fantastique Hoppipolla qui introduit Með Blóðnasir et ses choeurs incroyables ou encore le féerique Svefn-g-englar. 

Incroyable de maîtrise et de talent, le groupe met en avant chacun de ses membres multitâches. Après Arcade Fire, je croyais avoir tout vu, je m’étais donc trompé, Sigur Rós offre à son public un show millimétré, sans fausse note où voix, batterie, cor, trompette, violon, piano, guitare, basse, etc. prennent corps pour ne faire qu’un. Et que dire de l’impeccable prestation visuelle ? Entre le rideau qui cache le groupe sur les trois premiers morceaux, les lumières disséminées sur scène (comme chez Bon Iver) qui s’allument à un rythme différent formant une sorte de vague sur Svefn-g-englar, les trois rangés de projecteurs qui inondent la salle sur Hoppipolla et cet imposant écran sur lequel défile des images plus belles les unes que les autres (et qui captivent littéralement le spectateur), j’en suis resté coi. La mise en scène est superbe, les musiciens s’avancent, s’assoient, se relèvent ou s’éclipsent avec grâce, les 5 femmes aux cordes et aux cuivres assurant les choeurs pour un rendu parfait.

Après trois chansons en rappel, le show se termine sur le brutal Popplagið, Jónsi et ses potes s’éclatent sur ce morceau de plus de 10 minutes qui enthousiasme la foule ! Après avoir quitté précipitamment la scène, le groupe revient sous les acclamations nourries des spectateurs pour remercier de longues secondes son public. Il reviendra même une seconde fois, un large sourire aux lèvres de chacun des membres.

Rares sont les groupes qui, comme Sigur Rós, arrivent à vous transporter dans leur univers. C’est un peu comme si l’Islande venait jusqu’à chez nous. Un peu comme si d’un coup d’un seul tout devenait secondaire. Un peu comme si l’on désire plus que tout au monde jouer avec ce groupe. Un peu comme si le temps s’arrêtait.  Un peu comme si on voulait être islandais. Un peu comme si le bonheur n’était rien d’autre que Sigur Rós… takk !

Vidéos

Parce que les images valent plus que les mots…

Hoppipolla (live @ Munich) | Sigur Rós 

Sven-g-englar (live @ Madrid) | Sigur Rós 

Et une nouvelle chanson, jouée hier soir également…

Brennisteinn (live @ Reykjavik) | Sigur Rós 

Galerie d’images

25 février 2013 Live Report

DedaleSonore | Lilly Wood And The Prick

Hier soir à La Laiterie de Strasbourg, Lilly Wood and the Prick venait présenter son deuxième album intitulé The Fight. Pour l’occasion, une partie de l’équipe de votre blog s’est rendue dans notre salle locale préférée.

Lilly Wood and the Prick (FR) + Christine and the Queens (FR)
8 février 2013
La Laiterie, Strasbourg, France

Annoncé complet la veille, le troisième passage de Lilly Wood à La Laiterie donne l’occasion de voir le chemin parcouru par Nili et Benjamin, les deux trublions qui gèrent d’une main de maitre leur groupe depuis plus de cinq années maintenant.

Avant eux, Christine and the Queens, déjà vu ici-même et qui a eu le droit à deux chroniques sur le site (pour ses EP Misericorde et Mac Abbey) devait se produire. Connaissant le personnage si atypique (dans le bon sens) qu’est Héloïse Lhetissier, c’est non sans plaisir que j’attendais de la revoir sur scène. Hélas, une minute après le début de Narcissus is Back tiré de son deuxième EP Mac Abbey, Héloïse s’interrompt et quitte la scène. Baisser de rideau, la Nantaise n’est pas apte à assurer son show, dommage.

La fin soudaine de la première partie fait attendre durant une trentaine de minutes les spectateurs qui commencent à arriver, de plus en plus nombreux, dans la grande salle (Eugene McGuinness jouant pendant ce temps là dans la petite salle).

A 21h30, conformément au programme, le groupe arrive devant nous. Non présent à Paris pour les Victoires de la Musique et le couronnement de C2C en tant que « Groupe ou artiste révélation du public« , deux ans après… Lilly Wood and the Prick, c’est avec un réel enthousiasme que le public commence à applaudir sur les premières notes de Where I Want To Be (California) à la ligne de basse bien léchée. Une chanson plus qu’efficace qui ne doit pas être dénuée de sens pour Nili, Israëlienne d’origine mais qui a vécu pendant sa jeunesse entre Paris et la Californie. Une Nili toujours aussi « stylée » d’ailleurs, confirmant qu’outre leur musique, le groupe s’est aussi forgé une image et un genre bien à part.

L’énergie de la formation parisienne sur scène est communicative, Nili et Benjamin semblent réellement s’éclater et ça se ressent. Pour être franc avec vous, même sans connaitre parfaitement tous les titres du groupe, je me suis très vite laissé emporter par la pop sacrément efficace du duo. L’harmonie sonore qui se dégage des morceaux est sans équivoque, la voix de Nili, superbe, le jeu de grattes et de percussions, épuré.

Alternants entre les titres du premier et du deuxième album avec une facilité déconcertante, les musiciens multitâches du groupe font vibrer le public sur des morceaux très dansants (Let’s Not Pretend, Middle Of The Night, Guys in Band, Mistakes, Joni Mitchell, Hey It’s Ok, My Best), reposants (Water Ran, This Is A Love Song), délirants (Le Mas) et stimulants (Down The Drain). En gros, tous les tubes ont été joués pour le plus grand plaisir de nos esgourdes et d’un public acquis à la cause du duo .

Que retenir pour résumer la soirée ? L’absence (au sens propre du terme) de Christine and the Queens, la « folie » et la présence scénique d’une Nili Hadida entraînante, à la voix parfaite et qui, par sa joie communicative, a réussi à insuffler une vraie dynamique dans une salle chauffée à blanc pour l’occasion. Grand consommateur de musique en live, ça faisait un certain temps que je n’avais pas vu un groupe aussi énergique. Un groupe qui apporte un vrai vent de fraîcheur dans un monde musical bien trop souvent stéréotypé et sans surprises. Les dates se remplissant à vitesse grand V dans l’hexagone, je ne peux que vous conseiller de prendre votre billet rapidement si la formation passe près de chez vous, ça vaut le coup. Merci Nili, merci Benjamin, merci Lilly Wood and the Prick !

Middle Of The Night (live Taratata) | Lilly Wood And The Prick

9 février 2013 Live Report

DedaleSonore | Angus Stone @ Laiterie

Hier soir à La Laiterie de Strasbourg, Angus Stone venait présenter son deuxième album solo -mais le premier sous son vrai nom- intitulé Broken Brights. Pour l’occasion, une partie de l’équipe de votre blog s’est rendue dans notre salle locale préférée.

Angus Stone (AUS) + Tom Freund (USA)
31 janvier 2013
La Laiterie, Strasbourg, France

Premier constat, en arrivant quelque peu en retard, on est vite surpris par la foule compacte qui se dresse devant les portes de la salle. Visiblement, le deuxième membre du génial duo Angus & Julia Stone attire plus que sa soeur, elle-même décidée à poursuivre sa carrière en solo avec son deuxième album, By The Horns, présenté au public strasbourgeois en octobre dernier.

La salle comble oblige tout nouvel arrivant à rester en retrait pour la première partie du spectacle assurée par Tom Freund qui a dans ses faits de gloire, quelques collaborations avec Ben Harper. Une chose est sûre, sa folk a enflammé la Laiterie.

Les applaudissements nourris qui ponctuent cette première partie corrélés à la pause bière/pipi de nombreux spectacteurs me laissent, comme à chaque fois, l’occasion de me glisser vers la scène histoire d’admirer tout ça de plus près.

Après une quinzaine de minutes d’attente, Angus arrive tel un cow-boy sur scène, chapeau vissé sur la tête et accompagné de 5 autres musiciens qui imitent, pour deux d’entre-eux, le look de notre Australien préféré. La barbe « baba cool » bien touffue d’Angus est toujours là tout comme ses cheveux mi-longs de surfeur. En gros, seule sa soeur pourrait sembler manquer sur scène.

Pour avoir vu le duo ici-même il y a deux années maintenant, j’étais sorti totalement envoûté par le show de ces deux artistes aussi timides sur scène que talentueux derrière leur(s) instrument(s). Du coup, l’arrivée d’Angus m’enchante clairement. J’ai hâte de voir ce que ça donne en solo, d’autant plus que son album a sa place parmi mes préférés de l’année 2012 .

L’arrivée sur Broken Brights, l’un des meilleurs titres de l’album me convainc d’ailleurs immédiatement, la voix si caractéristique d’Angus, si calme voire presque nonchalante fait mouche dès l’entame du show. Les musiciens qui entourent Stone participent également à ce moment mirifique où l’on se sent bercé par les notes.

Pendant l’heure et demie qui suivra, Angus et sa bande vont nous jouer une douzaine de morceaux. Jonglant entre son dernier disque et ceux d’avec sa soeur (Bella, Yellow Brick Road, Black Crow avant le rappel), certains titres se rallongent considérablement en live pour notre plus grand plaisir au profit de quelques solos bien orchestrés (batterie, gratte, claviers et même Didgeridoo). Je décerne une mention spéciale pour River Love, It Was Blue et son final très rock ainsi qu’End Of The World avec son intro au Didgeridoo et ses claviers à la Doors donc.

Le rappel nous offrira le très reposant Apprentice Of The Rocket Man et se ponctuera sur un Big Jet Plane repris de concert par le public qui porte aux nues ce titre -il est vrai mythique- de l’année 2010. Son auteur nous offre une version épurée, sans artifices, mais je dois le concéder, un peu moins belle que lorsque Julia et sa magnifique voix l’accompagne.

Alors, est-ce qu’Angus Stone a tenu ses promesses ? J’ai envie de vous répondre oui et non. Oui parce que cette famille a un talent artistique hors du commun qui se ressent sur scène et qu’Angus a réussi, au gré de quelques morceaux nettement plus pop voire rock à faire adhérer le public strasbourgeois. Non parce que si je paye pour voir Angus Stone en solo, je ne paye pas pour écouter ses versions des titres qu’il a concocté avec sa soeur. Or, sur son dernier disque, deux des meilleurs morceaux sont passés à la trappe (Bird On The Buffalo et Monsters) au profit de quatre titres d’Angus & Julia Stone déjà interprétés deux ans plus tôt. Du coup, si les retardataires ont sans aucun doute été comblés aux premières notes de Big Jet Plane et autres, j’avoue être resté sur ma faim. Un bilan mi-figue mi-raisin dirons-nous, comme s’il manquait un petit quelque chose, Julia sans doute.

Bonus

River Love filmé à Paris et Bird On The Buffalo sur le plateau de Taratata.

River Love | Angus Stone

Bird On The Buffalo | Angus Stone

1 février 2013 Live Report

GoSound! | DedaleSonore

Le Dedale se diversifie. On s’ouvre à de nouveaux styles, parfois, on accueille des petits nouveaux, régulièrement, et on délaisse peu à peu notre chère cité strasbourgeoise d’origine, tissant notre toile ci et là, nous sociabilisant avec des terrifortains, parfois, des lyonnais, bien sûr, des libanais, aussi, et désormais des nantais. C’est que la musique est universelle et le point de vue strictement strasbourgeois n’a pas forcément d’intérêt… On sait d’où on vient mais c’est pas pour autant qu’on y reste(ra) indéfiniment ! Pour ce nouveau live report, un point de vue nantais sur une soirée nantaise avec des groupes pas spécialement nantais ! Avant d’attaquer, bienvenue à jesuisthomas (le point de vue nantais, c’est lui), que vous retrouvez aussi sur jesuisthomas.fr.


Soirée GoSound!
19 octobre 2012
Stereolux, Nantes, France

Doit-on encore présenter Stereolux ? Même si la notoriété de la salle n’est plus à faire dans la région, une piqûre de rappel ne fera pas de mal étant donné que la majorité des lecteurs du Dedale sont probablement originaires du Grand Est et donc peu familiers des vents bretons.

Rapide cours d’histoire : construit en 1927, l’Olympic est une salle de cinéma se situant dans le quartier de Chantenay, à Nantes, qui sera aménagé en salle de concert en 1995. Avec une capacité de 800 personnes, la salle voit alors passer des jeunes formations telles que les Foo Fighters, Placebo, Nada Surf, Coldplay, Phœnix, Sigur Rós et j’en passe… Elle permettra également à la scène locale de prendre son envol : on pense notamment à des gens comme Dominique A, Philippe Katerine, ou plus récemment, Rhum for Pauline et Elephanz. La salle ferme ses portes le 15 mai 2011. L’Olympic devient alors Stereolux. Installée sous les nefs des anciens chantiers navals de Nantes, l’espace est composé d’une salle principale « maxi » pouvant accueillir jusqu’à 1200 personnes, ainsi que d’une salle « micro » d’une capacité de 400 personnes. Pour faire court, je ne pense pas me tromper en affirmant que Stereolux est l’équivalent de La Laiterie de Strasbourg. Comme sa grande sœur, la salle héberge le festival Scopitone, et figure également sur la liste des étapes du festival des Inrocks.

C’est pourtant un tout autre évènement qui a vu le jour ce vendredi 19 octobre. « Fabriquée par les adhérents », la soirée GoSound! nait de la volonté de Songo (association qui gère la salle) de laisser ses bénévoles organiser un évènement à Stereolux. Après différentes étapes de sélection, la programmation tombe mi-juillet : la première édition de GoSound! accueillera The Penelopes, Plugs, Wave Machines, The Bewitched Hands et Sporto Kantes.

N’ayant pas pu assister à la performance des Bewitched Hands à Rock en Seine l’été dernier (face à un Noel Gallagher, tu peux pas test), j’achète joyeusement ma place au prix ridiculement bas de 14€.

Il est donc 20h. Je galère à trouver une place de parking sur l’île. J’arrive devant la salle aux alentours de 20h15. Le temps de prendre une première bière, j’arrive pile à l’heure pour la prestation de The Penelopes. On compte à vue de nez 35 à 40 personnes dans la salle, mais celle-ci se remplit rapidement. Ayant la lourde tâche de démarrer la soirée, les parisiens peinent à mettre de l’ambiance. Sorti de nulle part, le chanteur tente l’humour : « Essayez de ne pas vous tuer sur la route en rentrant ce soir« . Rien n’y changera. On se laisse tout de même porter par leurs titres loin d’être dégueulasses, comme Sally In The Galaxy.

Sally In The Galaxy | The Penelopes

Après une bonne vingtaine de minutes, de quoi se procurer une seconde bière au bar déjà bien convoité, c’est au tour de Wave Machines de monter sur scène. Les bonhommes viennent de Liverpool et ont déjà sorti un album en 2009, ce n’est pas pour autant que leur nom me dit quelque chose. Le groupe parvient à ambiancer la salle maintenant remplie d’une centaine de spectateurs et je me surprends à me remuer sur des titres comme Punk Spirit et Counting Birds. Bonne surprise donc. Je ne peux que vous conseiller d’écouter Wave If You’re Really There, même si l’album a déjà trois ans. Pour la suite, rendez-vous le 21 janvier prochain.

Counting Birds | Wave Machines

C’est la pause, je craque pour une dernière consommation au bar. Évitons tout de même de déconner, ce serait un comble qu’en plus de faire des blagues vaseuses, le type des Penelopes ait eu raison de nous faire la morale. Me voilà donc de retour dans la salle en pensant voir ces dénommés Plugs. Le riff qui me parvient aux oreilles m’est pourtant familier, et pour cause, ce ne sont pas les Plugs mais les Bewitched Hands qui sont sur scène en train d’entamer Westminster, premier titre de leur dernier album. La salle n’est pas plus remplie que précédemment mais l’ambiance est bien présente et le groupe déroule sa pop pour notre plus grand plaisir. Ils en profitent pour nous rappeler que leur dernier passage à Nantes était à l’Olympic : s’en est suivie une acclamation. A croire que la salle est encore bien présente dans les cœurs nantais. Loin d’avoir l’allure de rock stars, les rémois ont au moins le mérite de communiquer du plaisir à leur public. La fin du show approche, le groupe enchaine Thank you, Goodbye, It’s Over et Work avant de terminer avec The Laws Of Walls.

Thank You, Goodbye, It’s Over | The Bewitched Hands

Il est l’heure. Les Bewitched Hands m’ont comblé et la fatigue de la semaine se fait ressentir. Je décide de faire une croix sur Plugs et Sporto Kantes avant de rentrer en espérant qu’une seconde édition verra le jour l’année prochaine ! Une fois encore, une très bonne soirée à Stereolux.

17 novembre 2012 Live Report

DedaleSonore | Ewert and the Two Dragons

Programmés un temps en mai, les Estoniens d’Ewert and the Two Dragons avaient du annuler leur concert au dernier moment. Fort heureusement, le quatuor s’est rattrapé pour se produire en ce début du mois de novembre dans les locaux de notre éternelle Laiterie.

Ewert and the Two Dragons (ES) + TIS (FR)
7 novembre 2012
La Laiterie, Strasbourg, France

Du monde, du monde et encore du monde aux abords de la Laiterie ce mercredi. En effet, pendant que Sting jouait au Zénith devant à peine 3000 personnes (les prix allant de 60 à 100 € en ayant sans doute découragé plus d’un, moi le premier), Skip The Use, l’un des groupes phénomènes français de l’année se produisait également à la Laiterie mais de l’autre côté, dans la grande salle. Du coup, le visuel était assez saisissant : une file monstrueuse qui remontait toute la rue du Hohwald ou presque (pour les connaisseurs) pour voir le groupe lillois pendant que trois pelés et un tondu attendaient devant les portes de la petite salle… J’avoue que sur le coup j’étais plutôt content d’avoir choisi d’aller applaudir Ewert !

En plus de ça, la première partie mettait à l’honneur un groupe local, TIS, qui nous présentait son nouvel album intitulé Flying Machines. Formé autour de Pierre Vasseur et Audrey Braun, le groupe a été à la hauteur de l’évènement. Pourtant pas forcément dans le même registre musical puisque TIS est davantage tourné pop/rock, j’ai noté quelques similitudes avec Cocoon, le groupe nous entraînant assez facilement dans son univers tandis que Pierre et Audrey me faisaient rapidement penser à leur pendant Mark Daumail et Morgane Imbeaud de Cocoon donc. Bref, j’ai apprécié.

Deuxième groupe de la soirée, 30 minutes plus tard, Ewert and the Two Dragons. Le groupe estonien nous ayant séduit l’hiver dernier avec son second album, Good Man Down, c’était donc avec une réelle attente que je souhaitais voir la formation en live.Vœu exaucé grâce à notre salle musicale préférée. Le quatuor de blonds nordiques face à nous s’installe paisiblement : Ewert est derrière son clavier, Erki derrière sa gratte, Ivo à la basse pendant que Kristjan à la batterie lance les hostilités (seul) avec le tube du groupe, (In The End) There’s Only Love.  Un titre rallongé qui a le mérite d’attirer nos esgourdes dès le début du show.

En fait, durant un peu plus d’une heure, Ewert et ses potes alternent entre leur premier album et leur second, font participer le public sur The Hills Behind The Hills avec des « hoho hohohoho » repris en choeur par le public, racontent quelques conneries (en anglais, hein), de quoi amuser le public entre les titres. Le groupe affichait un enthousiasme sincère alors qu’il aurait pu être déçu de ne jouer que devant une centaine de curieux… Un chiffre qui ne correspond absolument pas à la qualité du quatuor estonien. Du second album, les principales chansons ont été jouées en sus du premier morceau du show puisque Good Man Down, Jolene, Sailor Man, The Rabbit et Road to the Hill (en rappel) ont été interprétés à la grande joie du public présent. Les titres du premier album, plus méconnus, m’ont agréablement surpris tout comme la reprise folk d’Animal de Miike Snow (le groupe électro suédois que nous avions aperçu entre deux averses aux Eurockéennes).

Malgré une salle non remplie, Ewert et ses compères ont réussi à faire bouger le public présent au concert qui m’a semblé très réceptif au groupe. Ayant adoré la pop des Estoniens sur disque, j’ai également été plus que satisfait de la prestation scénique de ces derniers. Un bon petit groupe sans prétention mais non sans talent en somme !

9 novembre 2012 Live Report

DedaleSonore | Radiohead

DedaleSonore enchaîne les concerts cette semaine puisqu’après la venue de Tindersticks à la Laiterie samedi 13 octobre, nous avons eu la chance de venir applaudir Radiohead et Caribou au Zénith Europe 4 jours plus tard !

Radiohead (UK) + Caribou (CA)
16 octobre 2012
Zénith Europe, Strasbourg, France

Changement de décor donc, nous avons mis de côté l’éternelle Laiterie pour nous rendre dans le vaisseau amiral de la culture à Strasbourg, le Zénith (le plus grand de France, faut-il le rappeler). Il est vrai que la venue du groupe mondialement connu qu’est Radiohead ne pouvait s’imaginer dans une salle de 1000 places… Délaissons donc notre lieu musical bien aimé pour nous rendre dans le mastodonte objet réalisé par Massimiliano Fuksas (pour l’anecdote  notre cher Italien y voit une lampe d’Aladin… A vous de juger). La jauge de spectateurs décuplée, ce sont ainsi 10 000 fans cosmopolites (au bas mot) de nos Anglais préférés qui convergent vers un Zénith en proie, comme d’habitude, à de monstrueux problèmes d’accès. Le temps de trouver une place sur les coups de 19h45, de rentrer dans l’enceinte, de se rendre aux stands et nous voilà dans une salle remplie à moitié pour le moment (fosse et gradins compris). La chaleur interne contraste avec la froideur externe (de 5° dehors on passe à 25°-30° à l’intérieur). La fosse étant à moitié remplie, un vrai dilemme se présente pour tout nouvel arrivant : se retrouver loin de la scène ou admirer le spectacle visuel qui s’annonce du haut des tribunes ? Le temps de réflexion est plutôt court car le Zénith ne rigole pas avec l’horaire, il est 20 heures précises et Caribou lance déjà les hostilités. Un show qu’on suivra finalement des gradins.

Du Caribou en entrée…

Caribou en première partie, voilà qui s’annonce exaltant. L’électro des Canadiens nous a déjà convaincu sur le blog puisque nous avions parlé du dernier album du leader intellectuel Dan Snaith, Docteur en mathématiques, l’année dernière. Autant dire que la formation nord-américaine était un hors-d’oeuvre parfait pour les oreilles mais également pour les têtes et les guibolles, le groupe étant un véritable agitateur de jambes. Les batteries frappent l’air ambiant, le sol remue en rythme. Un met visiblement dégusté par une partie du public seulement puisque tout le monde n’a pas goûté à l’électro psychédélique du groupe… Et pourtant avec seulement 4 morceaux mais de longue durée, des effets visuels en béton et une rythmique de batterie tonitruante, il y avait de quoi être enthousiaste. Il est ainsi bien difficile de retenir un dodelinement de la tête, proche parfois du coup de lapin. Les deux morceaux phares du groupe, le génial Odessa et Sun (qui a bénéficié d’une version rallongée) ont été joués face à un public mollasson, clairement là pour venir admirer Thom Yorke et sa bande, une petite déception qui nous a vite décidé à migrer vers la fosse entre les deux shows. Dommage, la boîte à sons qu’est Caribou méritait un meilleur accueil. Ce qui est sûr, c’est que la soirée sera portée par l’électro, ce que Radiohead nous confirmera rapidement.

L’ambiance des tribunes étant très en-deçà de celle de la fosse, c’est par une habile translation horizontale et un mouvement de serpent que nous nous retrouvons placés à droite, à une quinzaine de mètres de la scène. En attendant le début du concert, nous avons eu le droit à quelques numéros d’équilibristes des techniciens qui préparaient la scène du groupe britannique. A la vue de la multitude d’éléments de décor et des instruments sur scène l’impatience grandit au fil des minutes. 21h15, les lumières se tamisent, le public retient son souffle, des applaudissements commencent à se faire entendre, des cris aussi, ça y est, place à ce que tout le monde attendait depuis des jours, des mois voire des années, Radiohead dans la capitale européenne !

… Avant l’explosion musicale

Les membres du groupe arrivent au compte gouttes suivis par un Thom Yorke qui arborait son look queue de cheval/barbe. Les cris jaillissent rapidement, nous faisant oublier le peu d’enthousiasme déclenché par Caribou. Thom déambule déjà sur scène et nous envoie un premier uppercut avec Lotus Flower, l’un des meilleurs titres du dernier disque. A peine la musique lancée, on s’aperçoit que la scénographie est impressionnante, mieux : MONUMENTALE ! En effet, ce sont 12 panneaux électroniques qui tombent comme par magie du plafond du Zénith. A cela s’ajoutent 6 panneaux en hauteur (sur lesquels défileront même des codes QR), un immense mur de lumières en fond de scène et des diodes multicolores autour de tout cela. L’effet du rendu est explosif. C’est ainsi au fil des chansons que ces panneaux lumineux s’organiseront, danseront sous nos yeux ébahis, le tout est simplement hallucinant ! Hallucinant tout comme le fait de se dire que Thom Yorke, l’une de nos idoles est à quelques mètres de nous seulement et se déhanche de cette manière si singulière juste devant nos yeux. Radiohead ne laisse rien au hasard, tout est orchestré magnifiquement, les instruments magnifiant la voix si nette et si typique de Thom Yorke. La première salve lancée nous laisse baba, Lotus Flower est l’un de ces morceaux qui nous prend aux tripes et nous laisse KO debout. Deuxième salve, Bloom laisse dorénavant place à un décor teinté de bleu, Jonny Greenwood seconde le batteur Phil Selway en s’éclatant lui aussi aux percussions. Tout est tellement parfait, les notes fusent et se rencontrent avec aisance, d’une efficacité implacable.

Come back en 2007 avec 15 step de l’album In Rainbows. Sur ce morceau les 12 plaques en LED, véritables marionnettes mécaniques suspendues s’alignent pour former un plafond sous lequel les membres jouent, grandiose (et à découvrir dans les bonus) ! Radiohead a décidé de mettre les moyens pour sa tournée avec ce show époustouflant aussi bien visuellement que musicalement. On enchaîne avec Kid A, Staircase, le rock de I Might Be Wrong (une belle surprise d’ailleurs puisque le morceau a été très peu joué sur cette tournée) et le planant The Gloaming qui laisse place à un décor vert devant lequel Thom se déchaîne et danse sans s’arrêter sur tout le morceau. Après Separator de leur dernier album, Thom se dirige vers le piano pour nous interpréter le touchant Videotape. Sa voix est tellement parfaite qu’on est très vite transporté dans le monde de Mister Yorke, la chanson est très touchante et nous donne de vraies émotions à l’instar du titre qui suit, Nude. Radiohead nous berce, nous entraîne dans le rêve jusqu’à ce que celui-ci devienne éveillé avec le remuant Full Stop, nouveau morceau joué pour la première fois en juin dernier. Morceau excellent soit dit en passant. Reckoner, le virevoltant Planet Telex (un « vieux morceau » dixit Thom Yorke puisque le titre figurait en effet sur l’album The Bends sorti en 1995), le génial There There, le psychédélique Feral et le dynamique Bodysnatchers ponctuent la première partie du show devant un public conquis qui porte aux nues la bande de Yorke. Les quadragénaires nous ont éclaboussé par leur classe et leur talent durant un peu plus d’une heure, si bien que le public réclame ardemment le retour du groupe mythique. Après quelques minutes d’attente au milieu d’une foule qui appelle sans cesse le groupe, les musiciens reviennent tour à tour sur scène pour nous asséner leur coup fatal.

La douceur et la beauté de Give Up The Ghost puis d’Exit Music (For A Film) pour débuter n’est qu’un leurre… Thom délaisse sa guitare acoustique (qui nous faisait rêver à un Karma Police) pour Weird Fishes/Arpeggi qui précède le formidable Magpie et un Street Spirit de toute beauté. Ca y est, le public flanche face à un tel spectacle, les cris de joie et les applaudissements font écho dans une salle éblouie par la beauté du show et la prestation des Anglais.

Mais c’est qu’ils sont malins, alors que certains prennent la poudre d’escampette pour rejoindre au plus vite leur voiture, les techniciens préparent à nouveau la scène pour le fabuleux National Anthem qui pourrait bel et bien faire office d’hymne national tant le public vibre à l’unisson sur les notes de grattes et de basse d’Ed O’Brien, Jonny Greenwood et Colin Greenwood. Le morceau a bénéficié d’un traitement particulier pour la France puisque des extraits de reportages télévisés français ont été samplés en arrière fond, démentiel. Le clavier refait ensuite son apparition au centre de la scène et Thom commence à jouer les premières notes d’Everything in Its Right Place, c’est tellement bon que l’on aimerait rester avec la formation anglaise toute la nuit. Hélas, le concert va sur sa fin sans que Creep, Karma Police, Paranoid Android ou Idioteque n’aient été joués…

Mais encore une fois le groupe nous surprend, Jonny revient seul sur scène, se met derrière son synthé et là, l’inattendu se produit ! Les première notes d’Idioteque sont crachées par les enceintes, « Ho My God » dirait Janice dans Friends. Le public virevolte, sautille, l’un des meilleurs morceaux de l’histoire musicale est interprété devant nos yeux grand ouverts. La scène se pare pour l’occasion d’une robe bleue/jaune du meilleur effet, Thom s’éclate comme à son habitude sur le morceau, bouge dans tous les sens, magnifie encore un peu plus un morceau déjà tellement parfait. Les effets visuels sont juste impressionnants et nous amènent jusque dans un état de transe. Ca y est, les membres repartent les uns après les autres sous les applaudissement nourris des spectateurs, Mama Mia, que c’était beau.

Voir Radiohead dans une vie, ça n’a pas de prix. La formation anglaise a forcément suscité beaucoup d’attente chez nous comme pour le reste des spectateurs. Il faut dire que la venue du groupe en Alsace était un évènement à part entière qui a motivé tous les amateurs de musique de province (le groupe ayant fait 2 Paris-Bercy) mais aussi d’Allemagne, de Suisse, d’Espagne et d’Italie… Une attente légitime à laquelle la bande de Yorke a répondu de la meilleure des manières. A l’aise sur scène, comme toujours, les membres du groupe ont offert un show haut en couleurs au public. Reprenant leurs classiques (puisque tous leurs morceaux sont des tubes, il est forcément difficile de créer une setlist qui convienne à tous), dégageant une énergie communicative et offrant un spectacle visuel brillant, voilà comment un groupe seulement connu à ses débuts pour Creep (qu’ils devaient en plus jouer à la fin pour que les spectateurs ne quittent pas la salle) a réussi à faire chavirer de bonheur 10 000 spectateurs. Merci pour tout Radiohead, on vous aime !

Bonus

Des vidéos du concert traînent déjà sur la toile. On remercie les preneurs d’images, c’est génial !

Intro + Lotus Flower | Radiohead (live au Zénith Europe de Strasbourg)

15 Step | Radiohead (live au Zénith Europe de Strasbourg)

Idioteque | Radiohead (live au Zénith Europe de Strasbourg)

Nude | Radiohead (live au Zénith Europe de Strasbourg)

Gallerie

17 octobre 2012 Live Report

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