C’est un nouveau groupe que j’ai découvert en 2010. Leur premier album Turning On était prometteur, mais il demandait confirmation. Or, Cloud Nothings n’avait pas tardé avec la sortie dès l’année suivante d’un excellent album éponyme. Le tube Understand at All avait apporté le succès à Dylan Baldi, celui qui se cache en réalité seul derrière ce nom. Comme un homme-orchestre, ce jeune homme de 20 ans enregistrait en effet sur cassette tous les instruments dans le garage de ses parents à Cleveland.
En 2012, Dylan Baldi passe à l’étape supérieure. En accueillant d’autres musiciens pour produire son nouvel album. on comprend que l’artiste veut prendre de l’ampleur. Après une série de concerts réussie aux Etats-Unis, Cloud Nothings revient à l’international avec un nouvel album : Attack on Memory. Attendu pour le 6 Février prochain, cet opus a été réalisé sous l’oeil averti du grand producteur Steve Albini (Nirvana, Pixies). 8 titres qui touchent tous les univers des années 90, du grunge au garage-rock.
Il est d’ores et déjà possible de les écouter intégralement sur Soundcloud, grâce à leur label Carpark Records. Les titres se suivent automatiquement, vous n’avez qu’à appuyer une seule fois sur le bouton Play !
Attack on Memory | Cloud Nothings
Une pop presque punk
L’album démarre avec No Future No Past, le genre de titre où la voix éraillée de Baldi fait penser à Kurt Cobain. Ca prend la forme d’un hommage au chanteur punk de Nirvana. L’américain est comme sous acides, voyageant à travers sa chanson. Mais Baldi est tout sauf nostalgique, comme le prouve le choix du titre de l’album. Il avait expliqué à Alt Sounds :
Le titre fait référence à la mode pour la musique “électro nostalgique embrumée”, qui fait la scène indé actuelle. Je n’aime pas vraiment ce genre de musique. Cet album est fait pour nous placer plus fermement en dehors de cette catégorie.
Ce qui est sûr, c’est qu’il est en effet difficile de classer Wasted Days, le second titre de l’album. Neuf minutes entre prouesse instrumentale et apparition furtive mais réussie du chanteur. On est bien loin du lo-fi qui rendait les titres de Cloud Nothings plus “sales”. Maintenant, il faudra compter sur une production claire.
Avec Fall In, on retrouve un indie-rock propre au groupe. Respectant le même rythme soutenu, on garde l’énergie des deux titres précédents. Les refrains sont plus calmes, instaurants une atmosphère étrange. Ce qui n’empêche que Fall In reste un bon morceau. On tombe alors sur Stay Useless, le titre qui se rapproche le plus des précédents albums. La voix est entêtante, le riff simple.
La vraie merveille de cet album, c’est Separation. Trois minutes d’un rock purement instrumental, où les guitares font toute la puissance du morceau.
Separation | Cloud Nothings
No Sentiment est quant à lui efficace, mais pas transcendant. Peut-être trop froid. Tout le contraire de Our Plans, un titre beaucoup plus “teenager”. Pas pour autant une erreur de jeunesse. L’album se finit avec une cerise sur le gâteau : Cut You. Ce qui est sûr, c’est qu’on a envie de tout, sauf de couper le son !
Cloud Nothings finit par s’imposer avec un troisième album beaucoup mieux produit. Attendu comme une confirmation à leur talent, Attack on Memory est une des meilleurs sorties du mois de Janvier. Les américains entameront une tournée de leur pays, tout en surfant sur le succès prochain. On ne peut que souhaiter un passage par la France pour les applaudir !
Note : 8/10













