« AM », le dernier disque des Arctic Monkeys, véritable machine à tubes, vient d’accoucher d’un nouveau bébé avec le clip de Snap Out Of It. Au menu, du glamour avec la sculpturale actrice mexicaine, Stephanie Sigman, une piscine, des larmes (beaucoup de larmes), de la viande et une télé qui diffuse des images d’Alex Turner et ses acolytes.

C’est la sixième chanson de l’album à bénéficier de son clip après l’énormissime Do I Wanna Know ?, One For The Road, Why’d You Only Call Me When You’re High ?, Arabella et R U Mine ? (à retrouver dans la suite de article).

17 juin 2014 New tracks

DedaleSonore | Alt-J

Alt-J (∆) avait fait sensation voilà deux ans avec un premier album adoubé par la critique, « An Awesome Wave », mêlant rock, folk, et rythmes hip-hop. Le groupe a annoncé cette semaine la sortie d’un second disque pour septembre (le 22 pour être précis) s’intitulant « This is all yours » et c’est une excellente nouvelle ! Espérons que les Anglais sauront transformer l’essai.  Pour ceux qui auraient la mémoire courte, Alt-J (∆), c’est ça :


14 juin 2014 Old tracks

Difficile d’être plus raccord avec l’actualité pour le duo anglais des Basement Jaxx. Le groupe électro britannique, sur le devant de la scène depuis 1994, s’apprête à sortir son 7ème album, « Junto », le 25 août.

Pour l’occasion, un teaser reprend un de leur morceau de 2013, Mermaid of Bahia, remis au goût du jour avec la participation de Nina Miranda. Le titre devient Sereia de Bahia et nous plonge dans l’atmosphère brésilienne en deux temps trois mouvements, si bien que l’on se croit vite à Copacabana !

13 juin 2014 New tracks

Metronomy

Love Letters, le quatrième album de Metronomy se précise puisque le retour du groupe est programmé pour le 10 mars 2014 et qu’un premier extrait vient tout juste d’être dévoilé.

12 novembre 2013 Actu

Anna Calvi

Deux ans après un premier album d’excellente facture, Anna Calvi revient avec One Breath, histoire de confirmer ses belles promesses, pari tenu !

9 novembre 2013 Chronique

DedaleSonore | Arctic Monkeys AM
Huit ans après leur premier album Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not, les Arctic Monkeys reviennent avec AM. Enregistré à Los Angeles et produit par James Ford, ce cinquième disque clôt la métamorphose UK/US entamée par le groupe depuis Humbug. Dès les premières secondes, la chaleur du climat californien se ressent et embrase ce savoureux mélange de styles (rock, hip-hop, heavy, glam…). Pétri d’influences américaines, AM offre donc une musique beaucoup plus sophistiquée. Chronique d’un album maîtrisé de bout en bout.

AM, « comme un disque de Dr. Dre »

Tout commence avec Do I Wanna Know. Le batteur Matt Helders fait déjà des siennes et nous balance un rythme à la limite du hip-hop. S’enchaîne alors un riff monstrueux à la guitare, dont seul Alex Turner a le secret. Puis le refrain, qui vous reste en tête toute la journée… Sorti en juin, ce tube illustre parfaitement les nouvelles influences américaines du groupe. Entre rockabilly et rythmique hip-hop, cette ambiance électrique se retrouve logiquement dans le clip officiel.

Do I Wanna Know ? | Arctic Monkeys

Jeu de batterie et riff surpuissants, c’est aussi ce qui fait la force de R U Mine ?. Ce savoureux mélange fût d’ailleurs un des points de départs du disque. Mais l’influence américaine touche aussi aux paroles d’Alex Turner. En effet, l’auteur-compositeur a avoué au NME s’être inspiré de Drake et Lil Wayne pour les « lyrics » de R U Mine ?.

J’aime quand ils parlent de quelque chose, mais expliquent la réalité sur la ligne suivante.

R U Mine ? | Arctic Monkeys

Deux tubes pour introduire AM, on en demandait pas tant !

« Classic rock » et ballades « turneriennes »

L’album continue avec One for the Road, un titre qui démontre toute l’expérience des Arctic Monkeys. On retrouve en effet un peu de chaque album dans ce morceau. Chœurs aigus, rock sincopé, solo de guitare, participation de Josh Homme au vocal… Les anglais savent désormais ce qui leur correspond le plus. Comme sur Arabella, qui après plusieurs écoutes répétées devient jouissif. Ce morceau heavy à l’apparence anodine prend une telle ampleur lors du refrain… Ca décoiffe autant que du Black Sabbath ! Impossible alors de décrocher, « headbanger » inévitable.

On enchaîne avec I Want It All. Plus lent et rockabilly, ce titre frappe par l’évolution vocale d’Alex Turner. Moins attaché à ses racines, l’Anglais devient un véritable crooner. Le genre de gars qui récolte tous les honneurs aux soirées. Comme sur No.1 Party Anthem, hymne mélancolique qui rappelle la BO de Submarine. On se voit enfant, dansant un slow avec notre amour secret. Le moment semble fragile mais vous restera dans la tête toute votre vie…

Même ambiance calme sur le morceau pop Mad Sounds. Loin de la grisaille de Sheffield, les anglais touchent une sonorité west coast avec des « ooh-la-la-la » charmeurs. Une ballade loin d’être naïve et qui rappelle fortement Lou Reed.

Cerises sur le gâteau

Changement de rythme avec le tribal Fireside. Ce titre réussit à vous retourner la cervelle par son ambiance psyché. Un moment de grâce hypnotisant et envoutant. Gros coup de cœur donc, qui ouvre la voie à une autre pépite : Why’d You Only Call Me When You’re High. Tout simplement : comment ne pas fondre face à ces notes piquées et ce flow diablement entraînant ?

Why’d You Only Call Me When You’re High ?| Arctic Monkeys

Et puis là, c’est la grosse claque. Oh mon dieu que ce Snap Out of It est bon ! Piano 70’s, rythmique étonnamment groovy, refrain accrocheur… Les Monkeys nous offre un morceau soul vintage absolument génial ! Un remède contre le blues de la rentrée : écoutez ça en boucle pendant tout le mois de septembre. Vous verrez, ça ira tout de suite mieux ! Même recette utilisée sur Knee Socks avec des chœurs aigus. Ca commence à être un peu redondant… jusqu’à ce que Josh Homme vienne poser un flow disco frais comme la rosée du matin ! La rythmique s’enflamme alors et sauve ce titre.

Toutes les bonnes choses ont une fin. Pour Favourite Worst Nightmare, c’était « 505 ». Pour AM, ce sera « I Wanna Be Yours« . Le parallèle entre les deux morceaux est évident, l’un étant la version rock US de l’autre. Beaucoup de mélancolie donc, mais qui permet de finir cette écoute avec le sourire.

Loin de la nervosité des premiers albums, les Arctic Monkeys réussissent parfaitement leur métamorphose. AM adopte un ton plus sophistiqué, plus arrangé. Comme un fil conducteur, les chœurs suivent les différents styles et la voix d’Alex Turner. Audacieux, mais parfaitement réussi.

9 septembre 2013 Chronique

DedaleSonore | Local Natives

Local Natives, l’excellente formation californienne était de passage samedi dernier à La Laiterie, l’occasion pour votre équipe d’aller y faire un tour.

Local Natives (USA) + WALL. (UK)
2 mars 2013
La Laiterie, Strasbourg

Rendez-vous sur les coups de 20h30 pour la première partie, WALL. Le groupe britannique -mené par la charmante Lyla Foy- à l’électro minimaliste passe vraiment bien. La chanteuse aidée par ses deux acolytes scéniques est la tête pensante du groupe puisqu’elle est à la fois à l’écriture, à l’enregistrement et à la production. Une bonne pioche à découvrir ci-dessous ainsi que sur leur page Facebook et Soundcloud.

Une heure plus tard déboule le groupe phare de la soirée qui, à ma grande surprise, ne jouait que dans la petite salle de La Laiterie. Étonnant, sachant que les Américains commencent doucement mais sûrement à se faire une place dans le paysage musical.

Après deux albums de très bonne facture, Gorilla Manor en 2009 et Hummingbird en 2013, Local Natives m’avait franchement convaincu. La bande emmenée par Kelcey Ayer et Taylor Rice arrive vers 21h30 après s’être occupée de gérer les derniers détails techniques elle-même. Ca change de ces groupes qui ont une centaine de techniciens avec eux par tournée…

L’entrée sur You & I est très sympa. Comme je l’avais écrit dans la chronique d’Hummingbird, ce second opus est beaucoup plus intime, beaucoup plus mélancolique, Kelcey dédiant nombre de titres à sa défunte mère. Durant l’heure de concert (un peu court, avouons-le), le groupe offrira donc à son public un voyage entre ses morceaux accrocheurs du premier album et ceux plus subtils du second.

De Breakers à l’excellent Heavy Feet en passant par les titres qui ont fait leur renommée (Wide Eyes, World News, Airplanes, Sun Hands) et la superbe reprise des Talking Heads, Warning Signs -qui apparaît également sur Gorilla Manor- le groupe nous régale. Les chœurs sont superbes, les voix de Kelcey et Taylor au poil, de quoi ravir le public plutôt « jeune ». Petit (gros ?) bémol, le son est fort, très fort, si bien que j’ai cru perdre un tympan dans l’affaire…

Breakers (live) | Local Natives

Les cinq Californiens auront joué rapidement mais efficacement. Je reste un peu sur ma faim en me disant que certains morceaux auraient peut-être pu bénéficier d’une rallonge. Si Airplanes, Wide Eyes et Sun Hands qui a ponctué le show auront vraiment été pour beaucoup les moments forts de la soirée  j’ai pour ma part plus qu’adoré l’interprétation de Warning Signs, très rock. Mentions également pour tous ces nouveaux titres d’Hummingbird, parfois moins bruyants mais à mon sens, nettement plus émouvants.

6 mars 2013 Live Report

DedaleSonore | Sigur Ros

Sigur Rós près de chez nous, voilà un évènement à ne pas louper. Troisième délocalisation hors de France pour le Dedale donc pour un concert qui restera gravé dans nos mémoires.

Sigur Rós (ISL) + Blanck Mass (UK)
24 février 2013
St. Jakobshalle, Bâle (Suisse)

Après Bon Iver à Stuttgart, les Red Hot Chili Peppers et The Wanton Bishops à Beyrouth, on traverse le Rhin une nouvelle fois pour un groupe tout droit venu du froid islandais (ça tombe bien, c’est de saison),  Sigur Rós ! Direction Bâle  pour l’occasion et son St. Jakobshalle. La salle, rectangulaire, pouvant accueillir plus de 10 000 personnes est de bonne facture. La foule se presse quelques minutes avant la première partie programmée dès 19h15, l’occasion d’entendre beaucoup de Français qui comme nous, ont fait le déplacement pour cet évènement unique.

Blanck Mass sera le premier artiste à se produire sur scène. Sa musique est planante à souhait. Pendant 45 minutes, l’Anglais, caché derrière le rideau de la scène (non, il ne semble pas agoraphobe pour autant) utilisera ses instruments pour composer devant nous des sons plus ou moins cosmiques. De la musique électro souvent douce teintée de M83 par-là ou de Radiohead par-ci que le public semble apprécier, moi-aussi d’ailleurs, même si je l’avoue, passé les 3/4 d’heure, ça devient un peu redondant (vous pouvez vous faire votre propre idée par ici).

30 minutes d’attente plus tard, Jónsi et ses acolytes arrivent sur scène, presque sans bruit, toujours cachés derrière cet imposant rideau sur lequel se projettent dessins et ombres chinoises. Et là, c’est le choc. Visuellement, on approche du sublime, un écran géant incurvé au-dessus de la scène diffuse tantôt des images de la belle nature islandaise, tantôt des aurores polaires ou encore des hommes et femmes sur des lumières vives (rouge, vert ou bleu), si bien que l’on se croit presque au cinéma, Sigur Rós mettant en musique ces différents films, grandiose.

Le rideau tombe en plein milieu de l’excellent Ný Batterí (3ème chanson jouée) sous les applaudissements de la foule laissant apparaître les 11 musiciens (6 hommes et 5 femmes) ! Face à nous, un orchestre a décidé de nous en mettre plein la vue. Jonglant entre douceur et déchaînement musical, les Islandais prouvent qu’ils ont plusieurs cordes à leur arc et que non, le groupe ne compose pas que des titres calmes et lents. J’avoue que j’ai même été surpris par l’interprétation très rock de certains morceaux.

En fait, durant les presque 2 heures de show, tous les meilleurs titres (ou presque) seront joués pour le plus grand bonheur d’un public acquis à la cause du groupe. Le mélancolique Untitled #1 aka. Vaka, les merveilleux Sæglópur, Olsen Olsen et Varúð, le fantastique Hoppipolla qui introduit Með Blóðnasir et ses choeurs incroyables ou encore le féerique Svefn-g-englar. 

Incroyable de maîtrise et de talent, le groupe met en avant chacun de ses membres multitâches. Après Arcade Fire, je croyais avoir tout vu, je m’étais donc trompé, Sigur Rós offre à son public un show millimétré, sans fausse note où voix, batterie, cor, trompette, violon, piano, guitare, basse, etc. prennent corps pour ne faire qu’un. Et que dire de l’impeccable prestation visuelle ? Entre le rideau qui cache le groupe sur les trois premiers morceaux, les lumières disséminées sur scène (comme chez Bon Iver) qui s’allument à un rythme différent formant une sorte de vague sur Svefn-g-englar, les trois rangés de projecteurs qui inondent la salle sur Hoppipolla et cet imposant écran sur lequel défile des images plus belles les unes que les autres (et qui captivent littéralement le spectateur), j’en suis resté coi. La mise en scène est superbe, les musiciens s’avancent, s’assoient, se relèvent ou s’éclipsent avec grâce, les 5 femmes aux cordes et aux cuivres assurant les choeurs pour un rendu parfait.

Après trois chansons en rappel, le show se termine sur le brutal Popplagið, Jónsi et ses potes s’éclatent sur ce morceau de plus de 10 minutes qui enthousiasme la foule ! Après avoir quitté précipitamment la scène, le groupe revient sous les acclamations nourries des spectateurs pour remercier de longues secondes son public. Il reviendra même une seconde fois, un large sourire aux lèvres de chacun des membres.

Rares sont les groupes qui, comme Sigur Rós, arrivent à vous transporter dans leur univers. C’est un peu comme si l’Islande venait jusqu’à chez nous. Un peu comme si d’un coup d’un seul tout devenait secondaire. Un peu comme si l’on désire plus que tout au monde jouer avec ce groupe. Un peu comme si le temps s’arrêtait.  Un peu comme si on voulait être islandais. Un peu comme si le bonheur n’était rien d’autre que Sigur Rós… takk !

Vidéos

Parce que les images valent plus que les mots…

Hoppipolla (live @ Munich) | Sigur Rós 

Sven-g-englar (live @ Madrid) | Sigur Rós 

Et une nouvelle chanson, jouée hier soir également…

Brennisteinn (live @ Reykjavik) | Sigur Rós 

Galerie d’images

25 février 2013 Live Report

DedaleSonore | Foal

Troisième album des Foals, Holy Fire, littéralement, le feu sacré, annonçait dès la découverte des deux premiers morceaux -Inhaler et My Number- mis en ligne par le groupe, quelque chose de brûlant et de virevoltant. Onze nouveaux titres du quintette anglais à déguster, presque trois années après la dernière fournée de leur excellent album Total Life Forever ! Autant dire que le moment était attendu avec impatience par tous les fans de la formation et de son leader Yannis Philippakis.

Immédiatement reconnaissable, Foals s’est forgé une identité sonore propre depuis Antitodes, premier des trois albums du groupe sorti en 2008. Impertinent dans son rock et loin des standards du genre, le groupe prend le meilleur des technologies actuelles pour offrir à son public un son propre, énergique voire puissant. Album après album, la montée en régime s’opère. Lorsque Antitodes nous tenait très vite en haleine avec quelques titres plus qu’efficaces contribuant à la renommée du groupe (Cassius, Olympic Airways ou Baloons), Total Life Forever annonçait déjà un changement de style auquel j’ai totalement adhéré par ses titres parfois plus froids, plus calmes et plus subtils (Spanish Sahara, This Orient, 2 Trees). De la même manière que Radiohead, le groupe a cette faculté à passer des titres percutants à ceux beaucoup moins dansants en un rien de temps.

Inhaler | Foals

Annoncé depuis le 19 octobre via leur page Facebook, Holy Fire a réussi pendant plusieurs mois à jouer avec les nerfs d’un public impatient à l’idée de se délecter des nouveaux titres proposés par le groupe. Le premier amuse-bouche auquel nous avons eu le droit, Inhaler, en novembre dernier, laissait percevoir un album rageur et ravageur. Le clip nous faisait découvrir un univers brutal mis en lumière par Yannis et sa troupe. La chanson dénote immédiatement avec leur(s) précédent(s) album(s), la gratte, la basse et la batterie crachant avec vigueur un son très rock. S’en est suivi en décembre la sortie de My Number, beaucoup plus groovy, beaucoup plus Foals. Un titre que j’adore et que je place parmi les meilleurs de l’album.

Avant ce 11 février fatidique et la sortie du disque, nous devions donc conjuguer avec un style puissant et nouveau d’un côté et un autre fidèle au groupe d’Oxford. De quoi nourrir quelques interrogations sur ce que la galette nous réserve.

Mais très vite, aux premières notes du presque instrumental Prelude, on imagine déjà la bonne pioche qu’est ce nouvel opus de Foals. Génialement orchestré, ce morceau aux sons lointains donne immédiatement le ton. L’enchaînement avec Inhaler et My Number est excellent, la brutalité de l’un compensant l’enthousiasme de l’autre.  Et la suite ?

My Number | Foals

Bad Habit nous envoie des notes connues qui me rappellent l’atmosphère générale de Total Life Forever. Le titre se veut posé, presque aseptisé pour le coup bien que la pop qui s’en dégage reste efficace. Dans la même veine, Everytime plaira aux fans du groupe avec son refrain entraînant et ses notes dansantes. Assurément un des meilleurs titres de l’opus. Late Night s’affiche comme le Spanish Sahara de l’album précédent avec sa montée en puissance progressive. Mais lorsque ce dernier était pour moi l’un des meilleurs morceaux de Total Life Forever, force est de constater que Late Night ne lui arrive malheureusement pas à la cheville.

Out Of The Woods reprend parfaitement les codes du groupe anglais. Bénéficiant d’une réelle harmonie sonore, le titre convainc. Milk & Black Spiders joue également sur le registre de la montée en puissance au fil des minutes tandis que Providence nous balance quelques bonnes notes de grattes, de basse et de batterie dans la figure pour un morceau plus brut façon Inhaler. Le disque s’achève sur le formidable et lancinant Stepson et la ballade mélancolique de Moon.

Avec Holy Fire, Foals ravive la flamme trois années après sa dernière sortie. Forts de leurs mélodies reconnaissables parmi mille, les membres du groupe anglais s’aventurent ici sur un chemin parfois tortueux (et torturé). Alternant entre la violence d’Inhaler et de Providence et la douceur de Stepson et Moon, le troisième album des Anglais joue sur deux registres antinomiques et confirme que le groupe monte toujours un peu plus en puissance au fil des années. Forcément, tout n’est pas encore parfait et certains morceaux pourraient être rapidement oubliés mais force est de constater que la formation mérite sa place parmi les meilleures de la scène britannique actuelle. Trois dates sont prévues cette année du côté de Paris -deux sont déjà complètes et la troisième sera programmée au Zénith de Paris le 12 novembre- en plus de celles programmées à Lyon et Lille en mars prochain. Dépêchez vous de prendre vos places, les billets s’arrachent très vite et Foals en live, pour avoir déjà vu le groupe, c’est vraiment bon. Plus d’informations sur leur page Facebook et leur site officiel.

12 février 2013 Chronique

DedaleSonore | Paul Banks

3 ans après Julian Plenti Is… Skyscraper, Paul Banks, chanteur du génial groupe new-yorkais Interpol, a décidé de laisser de côté son nom scénique Julian Plenti (utilisé dès son arrivée dans Big Apple) pour redevenir Paul Banks, dans la vie comme sur scène. Avec son nouvel album solo intitulé Banks, Paul nous offre un disque sobre indéniablement marqué par sa patte, de la pochette (un immeuble en construction pris en photo par Banks himself au Panama) jusqu’aux titres.

Alors non, Interpol n’est pas mort et c’est tant mieux. Le groupe prépare d’ailleurs une tournée pour l’année prochaine et un nouvel album pour 2014. Sauf qu’Interpol, c’est aussi Daniel Kessler (co-leader et guitariste) qui écrit toutes les chansons de la formation américaine selon le schéma établi par les membres du groupe. L’activité solo du chanteur apparaît donc comme une évidence. Lui qui avait écrit Hands Away sur le premier album d’Interpol garde ses compositions au chaud pour les ressortir de temps à autre en tant que Julian Plenti ou Paul Banks. Vous suivez toujours ?

L’épopée solo de Paul Banks est également caractérisée par sa prise en main de tous les instruments, exceptions faites de quelques parties de batterie, à l’instar d’un Damon Albarn avec Gorillaz. Sur ce nouveau disque, Paul Banks s’affiche en artiste multitâches même s’il sera secondé par d’autres musiciens pour sa future tournée de 2013. Avec ses projets solo, l’Anglais natif de l’Essex, s’offre une liberté artistique équivoque qui fait plaisir à voir et à entendre. Dégagé de ses attaches avec Interpol, Banks livre au public ses propres compositions. La voix si singulière de l’artiste se reconnaît parmi 1000 autres, même si dernièrement, Tom Smith d’Editors, nous a fait douté plus d’une fois tant les timbres de voix des deux Anglais se confondent. Paul Banks sublime ses compositions grâce à sa voix rauque et puissante qui rappelle presque un fumeur de longue date. Philosophe dans l’âme, Banks est un érudit qui cultive son savoir par la musique. Chaque interview, ou presque, du bonhomme semble finalement très introspective, le New-Yorkais d’adoption se confiant souvent sur sa carrière musicale sans langue de bois.

Avec son nouvel album solo, Paul Banks dégaine 10 cartouches proches du son d’Interpol. Lui qui explique humblement ces similitudes par le fait qu’il a pris le (bon) pli d’Interpol évoque néanmoins une réelle approche personnelle qu’il n’a pas forcément avec la formation américaine.

J’ai toujours aimé jouer des rôles : The Base ou I’ll Sue You sont ainsi purement imaginaires. A côté de cela, certaines chansons me racontent plus, comme Over My Shoulder ou Young Again. Il en va de même dans Interpol, où le « je » est parfois « moi », mais pas toujours. De la même façon que le « lui » peut parfois être « moi » ! Mais personne ne sait vraiment ce qu’il en est, et c’est très bien comme cela.

La première cartouche, The Base, est assurément l’une des plus convaincantes. Le titre à la rythmique très entraînante assure à l’instar d’Over My Shoulder dont l’intro rappelle vaguement la géniale chanson Evil de l’album Antics d’Interpol. Deux très bons titres pour nous mettre en appétit.

En fait, tout au long des 10 titres, Paul Banks navigue entre son univers (Arise, Awake, Young Again, I’ll Sue You, Another Chance) et celui d’Interpol (The Base, Over My ShoulderPaid For That ou No Mistakes).

Young Again | Paul Banks

L’album de l’Anglais, tantôt doux, tantôt fort met tout autant sa personne en avant que son groupe de toujours dont l’influence se ressent peu ou prou dans presque tous les morceaux du trentenaire hormis Lisbon, entièrement instrumental mais un peu déconnecté du reste du disque.

Pour son retour en solo, Paul Banks nous offre un disque sans fausses notes donc, pas exceptionnel certes mais qui mérite d’être écouté, surtout si vous êtes un amateur d’Interpol. La ressemblance avec certains morceaux de l’autre vie de Paul Banks est frappante même si ce dernier ose également s’aventurer sur un terrain plus glissant à travers quelques titres très intimes et très différents de ceux qu’on lui prête habituellement. Pour vous faire une idée, vous pouvez retrouver tout l’album ci-dessous. Quant à Paul, il est également trouvable sur Facebook. Sachez enfin qu’il ne fera qu’une seule date en France, le 11 février prochain à l’Alhambra (Paris) avant un prochain retour avec Interpol !  

30 octobre 2012 Chronique

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