DedaleSonore | Bon Iver

Bon Iver, emmené par le brillant compositeur et interprète Justin Vernon est l’un de ces groupes que DedaleSonore aime particulièrement. Un de ces groupes qui nous prouve que la musique reste un art dans lequel certains excellent plus que d’autres.

Après avoir sorti son premier disque en 2008, For Emma, Forever Ago, le chanteur de la petite ville du Wisconsin, Eau Claire, nous offre avec sa troupe un deuxième album de (très grande) qualité. Si le premier disque l’avait déjà mis sous les feux de la rampe, ce second opus est la véritable confirmation du talent du chanteur et de sa bande.

Sorti il y a déjà quelques temps maintenant (mais pas assez de temps pour qu’on ne vous en parle pas), Bon Iver (dont l’origine provient d’ailleurs de l’expression française « Bon Hiver »), album éponyme, mêle tous les sens et toutes les émotions chez celui qui écoutera les titres concoctés par Justin Vernon et ses musiciens. Pour réaliser l’album, Vernon et sa clique se sont basés dans une ancienne clinique vétérinaire, achetée et rénovée en 2008 par Vernon et son frère, située à Fall Creek, toujours dans le Wisconsin.

Ce fut une magnifique liberté que de travailler dans un endroit que nous avons construit. Il est également à seulement 3 miles de la maison où j’ai grandi et à seulement dix minutes du bar où mes parents se sont rencontrés (Justin Vernon)

Le processus de création de Bon Iver a duré trois ans. Trois ans pendant lesquels Vernon s’est consacré à l’écriture de son album tout en travaillant les mélodies sur lesquelles apposer son texte et en continuant la tournée de son premier disque For Emma. Ce deuxième album est d’ailleurs un voyage similaire aux tournées mondiales du groupe. Un voyage au sein de plusieurs lieux qui, chacun à leur manière, dégagent une sensibilité et une émotion bien particulière.

Perth, métropole d’1,5 millions d’habitants à l’ouest de l’Australie est notre première étape. Et ce n’est pas un hasard puisque Vernon y a connu une « expérience de rajeunissement » selon ses dires lors d’une tournée du groupe en Australie. Perth donc, première escale, est marquée par les choeurs qui accompagnent Justin le long de la chanson, le roulement d’un tambour qui rappelle presque une marche militaire, le son léché des guitares et l’explosion instrumentale finale, image d’une l’Australie moderne en plein essor. Minnesota, WI avec sa montée en puissance est interprétée par Vernon comme « une guerre civile qui sonne comme une chanson de heavy metal … en quelque sorte chaotique, dense, choquante ». Holocene, aux doux rythmes de guitares et à la voix si « pénétrante » de Justin s’impose comme le titre phare de l’album. Towers, chanson la plus pop du disque, Michicant, Hinnom, TX et Wash. poursuivent notre ballade au sein d’un monde apaisé où toutes tensions semblent finalement bien lointaines. Calgary, que l’on imagine en hommage à la ville canadienne du même nom offre une nouvelle dimension à notre voyage. La joie, la mélancolie, la tristesse, l’amertume, tout semble s’entendre dans ce morceau de très grande qualité. Lisbon, OH, juste instrumentale sert d’introduction à Beth/Rest, qui achève notre « trip » de la plus belle et de la plus doucedes manières.

Accueilli avec enthousiasme par une critique plus que dithyrambique, le deuxième album éponyme de Bon Iver nous offre un voyage merveilleux dans un imaginaire et un univers propre au chanteur-interpréte et compositeur de la formation américaine, Justin Vernon. A l’instar du dernier album d’Angus & Julia Stone, ce disque tantôt froid, tantôt chaud m’a totalement comblé. En jouant avec nos émotions, Vernon réussit un album splendide qui passe en revu plusieurs registres musicaux et qui finalement, nous laisse pantois.

Je vous laisse avec les clips de deux titres phares de l’album, Holocene et Calgary. Vous noterez la beauté du clip d’Holocene, tourné en Islande pour l’occasion. Sachez enfin que Bon Iver est en train d’achever sa tournée européenne et qu’il faudra attendre pour revoir le groupe en France. Pour en savoir plus, c’est par .

Holocene | Bon Iver

Calgary | Bon Iver

 

 

12 novembre 2011 Chronique

DedaleSonore | The National

Petit retour en arrière d’un peu plus d’une année pour vous parler d’un album qui fait partie de mes albums préférés et accessoirement d’un groupe qui mérite le détour. Oui je sais, normalement DedaleSonore doit être plus réactif. Mais à notre décharge, le site n’existait pas encore à cette date là !

Imaginez vous un an en arrière donc, courant mai 2010 lorsque vous glandiez pendant que le printemps pointait le bout de son nez, que vous étiez au pleine période d’examens ou que vous bossiez tout simplement. C’est en mai 2010 que sortait l’un des albums les plus aboutis de cette même année (un disque récompensé à plusieurs reprises et qui a été classé 15ème meilleur album de l’année pour le magazine Rolling Stone). Et ce rang n’est vraiment pas usurpé.

The National, c’est un groupe américain qui fait du rock. Encore un, me direz vous ! De New York, comme un groupe américain sur deux, vous continuerez. Composé de frères ? Hmmm les Jonas Brothers ? Faux, malheureux, vous savez bien que sur DedaleSonore nous mettons en avant la vraie musique ! Bon reprenons, The National, c’est un groupe New Yorkais donc, qui fait du rock sa marque de fabrique. Mais attention, ce rock est sacrément bien travaillé. Après avoir sorti 4 disques entre 2001 et 2007, la formation de Brooklyn s’est laissée 3 ans pour sortir un album de très (très) bonne facture. Et si je tiens à vous en parler, c’est parce que ça serait idiot de passer à côté d’une si bonne galette.

Comme à l’accoutumé, le groupe se plonge dans un univers musical où percussions, cuivres et autres cordes s’accordent à merveille, offrant au public une sensation de – presque – perfection tant rien ne semble laissé au hasard.  A cet univers riche se mêle magnifiquement la voix si singulière (presque mystérieuse) de Matt Berninger, véritable métronome du groupe puisqu’il n’en est pas moins que l’auteur-compositeur et interprète donc. Derrière lui, deux groupes de frangins, les Dessner d’un côté, les Devendorf de l’autre qui l’accompagnent depuis 1999.

Avec High Violet, Matt Berninger sort l’artillerie lourde. Les rythmes, tantôt lents, tantôt rapides, tantôt froids, tantôt chauds nous plongent dans un univers bien particulier, presque effrayant sur certaines chansons. Sur les 11 titres de l’albums, les 7 premiers sont géniaux. Terrible Love donne le ton immédiatement, le rythme monte crescendo, aux sons de la batterie et des guitares des frères Dessner et Devendorf , les choeurs eux aussi assurés par ces mêmes frères accompagnent Matt pour nous gratifier d’un titre superbe. Sorrow semble plus posé avant le génial, Anyone’s Ghost, véritable coup de coeur de l’album. Little Faith, Afraid Of Everyone, Bloodbuzz Ohio et l’hypnotisant Lemonworld nous font passer la moitié de l’album en un rien de temps. Runaway semble beaucoup plus mélancolique, beaucoup plus calme (trop ?) que le reste de l’album. Conversation 16 et England redonne à nouveau du peps à l’album alors que Vanderlyle Crybaby Geeks ponctue très délicatement un album époustouflant.

Pas la peine d’écrire plus, cet album est une vraie pépite que je vous invite à écouter ou réécouter à travers le module Grooveshark que vous trouverez ci-dessous !

Cadeau bonux: Puisque je considère que les bons groupes sont ceux qui arrivent à apporter une plus value sur scène à leurs titres enregistrés en studio, je vous ai mis deux versions live de Terrible Love et Anyone’s Ghost. Enjoy !

Terrible LoveThe National

Anyone’s GhostThe National

 

 

 

 

29 octobre 2011 Chronique

Elvis Presley dedalesonore

Pour cette nouvelle saison, DedaleSonore innove. A la base destiné à vous faire découvrir quelques-uns des groupes ou artistes nouveaux qui nous plaisent, nous avons décidé d’inaugurer une rubrique « Retour sur » où l’on parlera d’artistes défunts ou actuellement grabataires ainsi que d’albums anciens à découvrir ou à redécouvrir de toute urgence. Pour cette première, j’ai décidé de présenter celui qui est en train de battre un record de longévité dans mon autoradio, le dénommé Elvis Presley alias « The King ».

Difficile à l’heure actuelle de ne pas connaître Elvis, sa gueule d’ange, sa fameuse coupe « banane », ses tubes et sa mort tragique. Autant d’éléments qui font de lui un vrai American Hero. Avec 700 millions d’albums écoulés à travers le monde, Elvis est sur le podium des artistes les plus vendeurs au monde. Premier artiste à promouvoir le rock d’une façon aussi commerciale, premier artiste à retransmettre dans 43 pays l’un de ses concerts à Hawaii en 1973 (avec la bagatelle d’1,5 milliard de téléspectateurs…), Elvis Presley est un ovni dans le paysage musical international à l’instar des Beatles ou de Michael Jackson.

Comme je le disais en introduction, avec presque 4 mois de présence en non stop dans ma voiture, la rock star Presley, née dans le Mississippi il y a 76 ans, s’est introduit avec sagacité dans mon quotidien. Certains artistes ont marqué d’une pierre blanche toute une génération et influent encore les générations actuelles, Elvis en fait partie.

Véritable showman, Presley a créé plusieurs scandales au début de sa carrière, dans les années 50, au sein d’une Amérique puritaine où les déhanchés du jeune homme indignaient les parents des jeunes fans.

Fan de gospel et de blues, Elvis Presley a réussi à tirer un véritable profit (commercial s’entend) de ces styles musicaux qui rassemblaient jusqu’alors principalement les populations noires américaines en les adaptant à un public qui vivait les premiers balbutiements du rock.

Sa première reprise « rock », en 1954, d’une chanson blues d’Arthur CrudupThat’s All Right For Mama, est considéré par certains comme l’un des premiers tournants du rock actuel.

Adulé par des centaines de milliers de fans à travers le monde, enchaînant les tournées à travers les USA, Elvis est « The King ». Les années 50 sont fastes pour le chanteur de Memphis qui enregistre un grand nombre de tubes: Don’t Be Cruel, I Want You, I Need You, I Love You, Hound Dog et le génial Blue Suede Shoes notamment. En parallèle, une carrière cinématographique plus ou moins obscure, on vous l’accorde, débute pour la star. Ses films sont souvent entrecoupés par des scènes musicales où Elvis est mis en scène. Love Me Tender, Loving You et autre Jailhouse Rock, au delà des titres de films dans lesquels jouent Elvis sont également d’énormes tubes du chanteur.

Alors qu’Hollywood et l’Amérique se mettent à genoux face au jeune homme de Memphis, deux évènements vont profondément marquer la vie de l’idole de ces dames. En 1958, avant d’être envoyé en Allemagne pour y réaliser son service militaire, sa mère décède précipitamment. Elvis part la mort dans l’âme en Allemagne où, loin de sa famille, de ses amis et de ses fans, le jeune homme déprime. A son retour aux Etats-Unis en 1960, Elvis n’est plus que l’ombre de lui même. S’il recommence rapidement à tourner des films, ces derniers ne bénéficient pas d’une réelle notoriété tandis que côté musical, Les Beatles et les Rolling Stones connaissent un succès phénoménal qui fait oublier peu à peu le King qui n’est plus maître en son royaume. En 1968, dans le creux de la vague, un passage remarqué à la télévision (où il interprète ses anciens succès ainsi que des nouveaux) offre un second souffle à la carrière d’Elvis Presley, à nouveau plébiscité par ses fans de toujours. Ces derniers ne peuvent que s’enorgueillir de son retour tant celui-ci fera du bruit. Elvis revient à Memphis pour enregistrer deux nouveaux albums de légende avec quelques titres qui sortent clairement du lot: In The Ghetto, Suspicious Minds, Don’t Cry Daddy, I’m Movin’ On, Rubberneckin’ , etc…

En 1969 commence l’époque Las Vegas pour Presley. Elvis entame une série de concerts d’abord prévus pour 2 mois à Las Vegas. Le succès est tel que la star donnera finalement près de 600 concerts dans la capitale du Nevada entre 1969 et 1976 tout en parcourant les Etats-Unis dans tous les sens (il rencontrera d’ailleurs Richard Nixon à Washington en 1970). C’est à Honolulu (capitale d’Hawaii), en 1973, qu’Elvis donne le premier concert par satellite de l’histoire qui attirera pas moins d’1,5 milliard de téléspectateurs (soit plus que le premier pas de l’homme sur la lune en 69…). Ce concert restera le dernier show mythique d’Elvis puisque 4 années plus tard, il disparaît suite à une surdose de médicaments.

Encore aujourd’hui, Elvis Presley reste l’un des artistes qui rapporte le plus d’argent aux maisons de disques ; sa maison, Graceland, est l’un des lieux les plus visités de Memphis ; le King reste l’un des précurseurs du rock et bon nombre d’artistes actuels s’inspirent de lui, y compris un certain Justin Bieber paraît-il… (ouch, désolé).

A la vue de la quantité de chansons qu’il a interprété, l’exercice de ressortir quelques titres phares m’est très difficile. Afin de ne pas m’attirer les foudres des fans, voilà ma sélection très personnelle des titres qu’il faut avoir écoutés : Blue Suede Shoes, Tutti Frutti, That’s All Right For Mama, Don’t Be Cruel, Hound Dog, All Shook Up, Long Tall Sally, I Need Your Love Tonight, I Got A Woman, I’m Gonna Sit Right Down And Cry (Over You), Money Honey, Mystery Train, Poor Boy, My Baby Left Me, (Let Me Be) Your Teddy Bear, I Don’t Care If The Sun Don’t Shine, Heartbreak Hotel, Fever, Can’t Help Falling In Love, Always On My Mind, Suspicious Minds, In The Ghetto, Slowly But Surely, A Little Less Conversation,  Rubberneckin’, Jailhouse Rock (et j’en oublie).

La vie du chanteur de Memphis pourrait finalement s’écrire sur plusieurs centaines de pages tant elle est chargée. Quoi qu’il en soit, Elvis n’est pas prêt de quitter mon autoradio… La playlist suivante vous permettra de (re)découvrir les meilleurs morceaux du chanteur à travers les 25 chansons que je vous ai sélectionnées. Rock’n’Roll forever !


21 octobre 2011 Retour sur...

Beirut

A 25 ans, Zach Condon est un homme heureux. Rentré dans le milieu musical dès ses 15 ans, le jeune homme a trouvé en Beirut le groupe parfait pour s’exprimer. Sous ses airs juvéniles, Zach est le leader d’un groupe qui sortait, courant juin, son -déjà- 4ème album. Après s’être faite connaître grâce au single Nantes dès 2007, la formation Américaine continue de nous épater et reprend les codes qui ont fait sa renommée (« on ne change pas une équipe qui gagne » , dit-on). Beirut est l’un de ces groupes qui semblent être aux antipodes de ce que les grandes majors produisent massivement et Dieu que ça fait du bien de retrouver des groupes qui n’ont pas qu’en tête leur position dans les charts internationaux mais qui produisent simplement la musique qu’ils aiment réaliser.

Avec son album The Rip Tide, Beirut reprend les caractéristiques musicales d’un groupe où chaque instrument semble avoir sa place. Difficile même de croire que ce groupe est américain tant les mélodies semblent éloignées du pop rock et autre rap US qui inondent nos stations de radio. Et pourtant Zach Condon, tout au long des voyages qui l’ont amené jusqu’au Vieux Continent s’est crée un univers musical tout droit venu des contrées balkaniques et des villages tziganes. La culture européenne (musicale et cinéphile) de Zach est d’ailleurs impressionnante, lui qui voue un culte pour les artistes de l’est de l’Europe donc mais aussi pour nos pointures hexagonales, Jacques Brel (oui je sais, il est Belge…) et Serge Gainsbourg en tête. Avec son dernier album, Beirut nous offre une pop folk posée, assaisonnée aux rythmes des accordéons, violons et autres trompettes qui a le mérite de nous faire voyager au sein d’une Europe méconnue de beaucoup d’entre nous, une Europe finalement aussi proche que lointaine.

Le premier titre de l’album A Candle’s Fire donne le ton, nous retrouvons très vite le même Beirut que celui laissé deux ans plutôt après la sortie de March Of The Zapotec And Realpeople Holland. Les trompettes, les cors et autres tubas sont ressortis du placard, la voix de Zach, si caractéristique, n’a quant-à-elle pas bougé d’un iota. Place à la deuxième chanson, assurément le single phare de l’album, Santa Fe, chanson écrite en l’honneur de la ville d’où Zach est originaire. Avec ses rythmes enjoués et son clip absurde, très « canin », la chanson passe vraiment bien et nous donne vraiment la pêche. Dans le même esprit, Vagabond, s’en sort tout aussi bien. On retiendra encore les titres Goshen, The Ride Tip plus calmes et presque mélancoliques. Port of Call ponctue enfin un album réussi dans la même veine (trop ?) que les précédents.

Retrouvez le clip de Santa Fe, le tube de l’album. Sachez enfin que Beirut entame une tournée mondiale et qu’on aura peut être la chance de voir le groupe en France au courant de l’année 2012. Pour plus d’informations, rendez vous sur le site officiel du groupe.

Santa Fe | Beirut

23 septembre 2011 Chronique

TV On The Radio

Sorti courant avril, le dernier album de TV On The Radio était attendu avec beaucoup d’intérêt chez les fans du groupe. Avec Nine Types Of Light, le groupe originaire de New-York signe son quatrième disque.

Après trois albums, la formation US s’est forgée une belle expérience et une certaine maturité au fil de ces dix dernières années. Deux ingrédients qui participent à sa notoriété croissante aux quatre coins du globe. Avec ce quatrième disque, TV On The Radio rejoue d’influences rock/soul et éléctro qui ont été à la base de son succès. En perpétuant un genre qui a fait ses preuves, la formation de David Sitek a le mérite de ne pas nous décevoir. Si certains puristes diront que cet album est peut être moins « pêchu » que ce à quoi on était habitué avec les trois premiers disques, il n’empêche que l’on ne peut que prêter attention à certains morceaux de ce dernier opus. Second Song, Keep Your Heart et You, les trois premiers titres nous mettent immédiatement dans le ton. Le rock saupoudré à la sauce éléctro, signature du groupe de la Big Apple fait encore mouche et nous promet un album de grande qualité. Killer Crane, beaucoup plus posé marque une rupture avec le reste du disque et introduit très bien Will Do, titre certes un brin mélancolique mais au combien réussi. Repetition relance la machine TV On The Radio et apporte un vrai dynamisme à l’album. Las, cette dernière s’essouffle, si bien que les derniers morceaux de l’album ne sont pas d’un grand intérêt même si Caffeinated Consciousness apporte un léger soubresaut à un rythme qui baisse alors en intensité.

Si tous les morceaux ne sont pas au même niveau, il n’en reste pas moins que certains d’entre eux peuvent être écoutés sans modération. Le dernier album de la formation de Brooklyn, endeuillée par la décès du bassiste Gérard Smith en Avril 2011, mérite réellement une attention particulière. Accueilli avec enthousiasme par la critique, l’album s’est invité dans le haut des charts de plusieurs pays et on ne peut que s’en réjouir.

Place à la musique avec l’excellent Will Do. Sachez que le groupe, actuellement en tournée en Europe ne fera que deux dates en France. La première à Argelès-sur-Mer pour les Déférlantes le 12 juillet et la seconde à l’Olympia le 13 juillet. Il serait dommage de s’en priver. Et pour plus d’infos, c’est par ici.

Will Do – TV On The Radio

13 juin 2011 Chronique

LCD-Soundsystem | DedaleSonore

Alors que le projet de James Murphy, LCD Soundsystem, s’est définitivement éteint, après un dernier concert d’anthologie au Madison Square Garden (pour lequel j’aurais donné beaucoup pour avoir le privilège d’y assister, après les avoir vus au Malsaucy), une dernière pépite vient remuer le couteau dans la plaie. Ce morceau, c’est la reprise par le collectif de Live Alone, un des morceaux de Tonight, le dernier album de Franz Ferdinand. Il a été réalisé à l’occasion du Record Store Day / Disquaire Day, journée dédiée aux disquaires indépendants qui proposent ce jour-là des œuvres exclusives avec la complicité des artistes, et qui a eu lieu pour la première fois en France le week-end dernier.

Cet excellent remix témoigne encore une fois de la grande perte qu’est la disparition de ce projet incontournable de la culture dance-punk new yorkaise. Franz Ferdinand et Live Alone se font relifter de manière originale, pendant 7 minutes, avec une allure bien plus sensuelle que la version originale. Une version conforme à ce qu’on aimait de LCD Soundsystem : une montée en puissance qui se fait attendre, à tel point qu’elle finit par faire exploser le morceau. Deux de mes groupes favoris qui se reprennent l’un l’autre, si c’est pas magnifique.

Live Alone – LCD Soundsystem (Franz Ferdinand Cover)

Bonus : le clip

21 avril 2011 Focus

Yuck DedaleSonore

Un petit billet rapide sur Yuck, un quatuor cosmopolite (USA, Japon, Grande-Bretagne) déjà auteur de plusieurs EP ces derniers mois.  Ils ont sorti leur premier album éponyme la semaine dernière, sur le même label que The Walkmen (Fat Possum Records), album caractérisé par un son situé quelque part entre l’indie-rock et le shoegaze, rendant un hommage appuyé au rock indé des années 90.

Certaines de leurs chansons ont le mérite d’être excellentes. Georgia restera probablement une des chansons lo-fi de l’année. Get Away et The Wall sont imparables, nous replongeant tout droit dans les années 90. Un album bon mais pas exceptionnel, avec quelques morceaux qui se détachent clairement (à écouter en intégralité ici). Il manque encore un petit quelque chose que je leur souhaite de trouver avant leur prochain album. A découvrir quand même très vite au Point Ephémère le 11 mars à Paris.

1 mars 2011 Focus

John Mayer | DedaleSonore

Adulé aux Etats-Unis, quasi-inconnu en France, John Mayer fait partie de ces mystères dont on ne trouve jamais d’explications. C’est vrai après tout, quand les States nous inondent de Justin Bieber, Kesha, Jonas Brothers et autre pop obscure, on est en droit de se poser des questions. Pourquoi hérite t-on d’artistes dont on cherche encore aujourd’hui le génie musical ? Pourquoi en France, John Mayer est plus connu de la gente féminine pour avoir fréquenté Jennifer Aniston et Cameron Diaz, que pour sa musique ? Voilà typiquement le genre de questions qui me perturbe, qui m’empêche de dormir pendant au moins 5 minutes chaque soir…

Bon sérieusement, John Mayer c’est qui ? Un simple coureur de jupons ? Non, vraiment pas. Artiste ultra populaire outre-Atlantique, il fait également partie des meilleurs artistes Américains du moment. Longtemps adulé par les jeunes filles en fleur avec son tube You’re Body is a Wonderland qui l’avait alors fait atteindre les avants-postes des Charts US lors de la sortie de son album Room for Squares, Mayer s’est forgé une identité propre au fil des années.

Son deuxième album marque déjà un tournant musical, Heavier Things débarque en 2003 avec des mélodies pop beaucoup plus travaillées. Quelques morceaux retiennent l’attention, ClarityBigger Than My Body, Something Missing, Wheel et autre Daughters, sacrée chanson de l’année lors des Grammy Awards 2005. Cultivant  sa renommée avec ses multiples récompenses, Mayer s’est fait un nom aux yeux des Américains.

Si les deux premiers albums sont accueillis avec enthousiasme par les critiques, le vrai tournant musical du trentenaire se fait avec son album Continuum, sorti en 2006 et qui reste à l’heure actuelle l’album le plus abouti de sa carrière. Mêlant sonorités Rock, Jazz et Blues, l’album est une petite pépite dans le paysage musical US. Propulsé dans les hauteurs des hits parades, John Mayer connait un véritable succès avec cet album. Ses compositions semblent plus belles les unes que les autres et que dire des textes de Waiting on the World to Change, Belief, I Don’t Trust Myself (With Loving You), Gravity, Stop This Train ou Slow Dancing In A Burning Room. Tous les morceaux s’enchainent avec une facilité déconcertante.

Les choses s’accélèrent pour Mayer, catalogué de nouveau prodige de la guitare par ses pairs. Les duos s’accumulent avec des icones de la musique : BB King, Buddy Guy, Eric Clapton et tant d’autres. John Mayer fait son entrée dans le cercle de ses modèles, ces légendes vivantes de la musique. Les années post-Continuum sont celles où John est le plus sollicité: des morceaux pour les films Cars et The Bucket List et une tournée sur les routes des Etats-Unis qui sera immortalisée par le superbe DVD Where The Light Is: Live in LA. John Mayer élargit également sa palette musicale avec ses nombreuses reprises de Ray Charles, The Police, Jimi Hendrix, etc…

C’est également à l’occasion de cette tournée que Mayer nous livre son interprétation d’un tube de Tom Petty, Free Fallin. La reprise géniale est également filmée pour ce même DVD. Les attentes autour du phénomène sont de plus en plus nombreuses et c’est en 2009 que le natif du Connecticut fait son retour chez les disquaires avec son nouvel opus Battles Studies. Néanmoins, les fans et la presse restent sur leur faim. Il est vrai que la barre était trop haute depuis son album précédent. On retiendra tout de même quelques morceaux: Heartbreak Warfare, War of My Life et l’excellent et très rock, Assassin.

Il est clair qu’au cours de la dernière décennie, John Mayer a vraiment roulé sa bosse dans le milieu musical US. Passant d’un chanteur pour midinettes à l’un des meilleurs compositeurs du moment mais également l’un des meilleurs guitaristes du monde, ayant même le privilège de s’associer avec les luthiers de Fender pour créer une guitare signature à son nom. Aussi bien connu pour ses frasques hors scènes que pour son génie musical, Mayer est l’un de ces Américains qu’on rêverait de voir débouler sur nos radios, nos autoradios et autres iPod. Alors, s’il vous plaît, Messieurs les Américains, au lieu de nous refiler vos artistes douteux, ça serait sympa de partager vos musiciens les plus talentueux.

En attendant, place à la musique avec 3 performances live pour 3 styles musicaux différents. Et pour plus d’infos, voici le MySpace de l’artiste.

Free Fallin – John Mayer

I Don’t Trust Myself – John Mayer

Belief - John Mayer


13 février 2011 Focus

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