Peu connu malgré sa grande qualité, le groupe Mini Mansions a sorti un deuxième album ce mois-ci. Intitulé The Great Pretenders, ce dernier conserve la jolie impression qu’avait laissé les débuts du groupe en 2010. Le bassiste des Queens of The Stone Ages et ses collègues distille toujours une pop travaillée et ingénieuse dont les influences vont d’Elliott Smith aux Beatles.

L’album comporte également des collaborations, dont Vertigo, où l’on entend Alex Turner, leader d’Arctic Monkeys.

24 mars 2015 New tracks

une alt j

Où est la démarche créative dans le nom d’un groupe ? Qui et pourquoi, un jour, quelqu’un s’est dit : « Tiens, si on s’appelait les Scarabées (Beatles) ? Et pourquoi pas les pierres qui roulent (Rolling Stones), les bandes blanches (White Stripes) ou encore les portes (Doors) ? » Comment l’imagination peut-elle sortir des noms aussi improbables ? Qu’importe finalement, qu’on s’appelle les portes, les pierres ou autres, ce qu’on retient de ces groupes mythiques, c’est bien leur talent. Loin de moi l’envie de comparer le groupe chroniqué ici-même avec les maîtres intemporels cités au-dessus mais, point de vue nom étrange, le groupe Alt-J (correspondant à un raccourci clavier pour faire un triangle sur Mac: ∆) se pose-là. D’ailleurs, du côté du talent, on tient quand même un gros morceau avec ce premier album du groupe, An Awesome Wave.

Comme d’habitude en musique, notre meilleur ennemi, la perfide Albion, nous sort de son chapeau un groupe phénomène (provenant de la ville de Leeds) fait de 4 jeunes hommes s’étant connu dans une école d’arts plastiques. Ces derniers ont justement mis du temps à trouver leur nom. D’abord appelés Daljit Dhaliwal, puis FILMS, ils décident enfin de se renommer tout récemment Alt-J.

Bon, après mon laïus sur ce nom étonnant, qu’en est-il de la musique ? Et bien nous voilà confronté à un groupe étrange, qui mélange les genres. L’electro y côtoie le rock, le folk et le hip-hop. La musique est déstructurée, en constante mouvance, le rythme se casse à tout-va. Parsemé d’interludes dédiées chacun à un instrument (voix, guitare, piano) et d’une introduction troublante (à la mode The XX), le CD envoie ces pépites au grès de son déroulement. Le premier single Breezeblocks résume d’ailleurs à lui seul le pouvoir d’attraction du groupe. Le chanteur joue avec sa voix, les choeurs et les canons sont omniprésents, le tout est épatant de maîtrise.


Alt-J | Breezebocks

En parcourant le CD, on y retrouve les réminiscences de groupes comme Fleet Foxes ou Local Natives dans cette utilisation de la voix comme d’un instrument à part entière. Mais là où les deux groupes précités se bloquent avec talent au folk-rock, Alt-J expérimente. Certaines de ces expérimentations sont ainsi des réussites incontestables (Dissolve Me ou Fitzpleasure) mais les morceaux à structure plus classique ne sont pas en reste (Matilda). L’album dans son ensemble est particulièrement plaisant, voire franchement excellent sur certains morceaux et mérite une écoute attentive.

Alt-J figurera assurément parmi les révélations de l’année. Des rythmes enjoués, une belle créativité, un mélange de genres qui détonne. On attend avec impatience de voir ce que ça donnera sur scène. Vous pourrez les retrouver dans certains festivals d’été (Lille, St-Malo) en espérant un tour par notre capitale alsacienne. D’ici-là, comme d’habitude, on les suit sur le site du groupe, Facebook et en écoute intégrale juste en dessous.

16 juin 2012 Chronique

electric guest

Dans le monde de la production musicale, il existe un travail de l’ombre, un métier qui consiste à apposer sa « patte » sur un album, c’est le rôle du producteur. Dans ce milieu, certains producteurs ont eu une telle influence qu’ils en sont arrivés à être aussi connus que les artistes qu’ils produisent. Parmi ces géants de la production, on peut citer le cas de Phil Spector (inventeur du fameux « Mur du Son », producteur de The Ronettes, John Lennon), George Martin (producteur des Beatles, également appelé « le cinquième Beatles »), Steve Albini (producteur des Pixies, de Nirvana, de PJ Harvey), ou encore Nigel Godrich (producteur de Radiohead et considéré lui aussi comme le 6ème membre du groupe). Ces noms ont tous une constante : ils arrivent à insuffler leur style à un album, leur « son ». Pour ma part, je considère aussi enrichissant musicalement de suivre un producteur qu’un groupe/artiste.

Parmi les nouveaux producteurs influents, il y en a un qui sort particulièrement du rang depuis près de dix années maintenant. Il s’appelle Danger Mouse (de son vrai nom Brian Burton), il est encensé partout depuis la création de son mashup The Grey Album (remix du Black Album de Jay-Z et de l’album blanc des Beatles), a produit Demon Days de Gorillaz (à mon sens leur meilleur album), est membre de Gnarls Barkley (que tout le monde connait depuis le single Crazy), est le contributeur privilégié de la montée en puissance des Black Keys (Attack & Release, Brothers puis El Camino) ou encore le créateur, avec le chanteur des Shins, de Broken Bells. On l’a retrouvé récemment avec Daniele Luppi pour l’excellent album Rome (dans lequel Norah Jones et Jack White ont fait une apparition), il est d’ailleurs du nouvel album de Norah Jones (sorti le 1er mai) et du prochain U2. Pourquoi tout ce laïus concernant Danger Mouse ? Et bien simplement car il est le producteur du premier album d’Electric Guest, gage s’il en est d’une certaine qualité. Et la « patte » Danger Mouse, un adepte de la musique dansante à tendance groovy, se retrouve dans tout l’album.

Mais bien avant le passage dans la tube-machine de Danger Mouse, les deux membres du groupe Electric Guest (Asa Taccone et Matthew Campton) ont passé près de 2 années à composer des dizaines de chansons. La rencontre avec l’influent producteur s’est faite par le frère d’Asa Taccone, l’un des membres du groupe humoristique The Lonely Islands (Asa Taccone a par ailleurs écrit et composé l’hilarante Dick in A Box). Suite à cela, l’écrémage dans les chansons a été lancé. ils en ont sélectionné peu, dix pour être précis, l’album est court, ramassé. Et sur les dix pistes choisies, le potentiel tubesque frôle justement le 10/10.

L’album commence ainsi sur Holes, qui porte bien son nom car la rythmique principale de la chanson semble étonnamment « à trou ». L’aspect funky du disque s’affirme avec la deuxième chanson (et premier single de l’album), l’hymne à la danse This Head I Hold. Cette piste est d’une efficacité redoutable. Les claps sont omniprésents, la voix est haut perchée. En l’écoutant, on ne veux qu’une chose : SE DÉHANCHER !

This Head I Hold | Electric Guest

Suit un Under The Gun à l’intro proche de No Doubt mais qui se dirige tranquillement vers la pop de Michael Jackson. La production de Brian Burton trouve une place prédominante sur certains morceaux, notamment Awake ou encore Amber, une ballade aux sonorités électro (et mon coup de cœur de l’album). Retour au groovy ultra-dansant sur The Bait et Waves (avec d’amusants sons rappelant un vieux manège et toujours les claps qui agitent le tout) puis arrive une belle fulgurance de la part d’Electric Guest, les neuf minutes de Troubleman démontrent que le groupe n’est pas que doué pour nous faire bouger, il arrive à nous procurer de belles ballades aux tonalités douces-amères. Encore une grande réussite pour ce morceau qui en regroupe en fait trois (et que Danger Mouse a proposé de regrouper).

Troubleman | Electric Guest

L’album se conclut (déjà !?) sur American Daydream (où un rapprochement avec le projet Rome me semble assez évident) et Control, courte ballade de clôture.

American Daydream | Electric Guest

Avec son ambiance dansante, le premier album d’Electric Guest est un incontournable de notre printemps. Capable à lui tout seul de faire bouger les jeunes et les moins jeunes, j’y retrouve la fraîcheur de Vampire Weekend mais avec une tonalité groovy en plus. Danger Mouse a encore fait une bonne pioche. Et comme d’habitude, vous pouvez retrouver le groupe sur son site, Facebook, en concert parisien à La Maroquinerie le 22 mai 2012 ou aux Eurocks le 30 juin.


Tracklist de Mondo :

01. Holes
02. This Head I Hold
03. Under The Gun
04. Awake
05. Amber
06. The Bait
07. Waves
08. Troubleman
09. American Daydream
10. Control

3 mai 2012 Chronique

rover

Il me semble qu’actuellement la scène musicale française connaît un vrai regain de créativité. Si comme tâche de dimanche après-midi, on voulait lister les groupes français qui cartonnent ces derniers mois, on en aurait, et cela fait bien plaisir, une belle tripotée (M83, Revolver outre les éternels Phoenix et Daft Punk, etc.). Parmi les nouveaux arrivants, s’il y en a un à qui on souhaite un succès comparable, c’est bien le groupe Rover.

En observant la pochette de l’album, on ne peut s’empêcher d’imaginer Timothée Régnier, le chanteur-compositeur de Rover en homme bourru, grognon, à qui on tire difficilement un sourire. Avec un tel physique, on attend une voix pleine de coffre, grave, qui en impose. Le chanteur a pourtant cette capacité à virevolter étonnamment des graves aux aigus avec une facilité déconcertante.

L’histoire de Timothée Régnier est particulièrement étonnante. Il a vécu à New-York dans son enfance, a voyagé en Allemagne et en Suisse, il a surtout été récemment expulsé du Liban après avoir abusé des visas touristiques. De retour en France et plus particulièrement en Bretagne, celui qui fut guitariste dans le groupe de Punk-Rock The New Government s’isolera dans une bâtisse isolée pour composer ces 11 morceaux de l’album.

L’album s’ouvre sur Aqualast et l’on se retrouve envouté immédiatement par ce timbre de voix si particulier. Ce morceau, véritable coup de massue de ce début d’année musicale, impose une présence forte, le rock que nous propose Rover passe de la brutalité à la douceur, il nous guide sur des envolées lyriques flamboyantes. Voici le rock dans ce qu’il a de meilleur, voilà le rock qui nous touche insidieusement, calmement, avec talent.

Aqualast | Rover

Au fil des morceaux, les influences de Rover se dévoilent. On y trouve du David Bowie en priorité, des sonorités à la Beach Boys (période Pet Sound – Smile), des relents Gainsbourgiens et du Beatles. Il faut dire que d’un point de vue influence, il est difficile de faire mieux. Ainsi, des sonorités électro apparaissent au fil de certains morceaux (RememberChampagne), un morceau comme Lou me fait le même effet que Ah ! Melody de Gainsbourg, le morceau Carry On reprend les sons spatiaux du Ziggy Stardust de Bowie, l’intonation de voix de Timothée rejoint celle de Stuart Staples (Tinderticks) sur Wedding Bells.

Avec Rover, Timothée Regnier a réussi à digérer ses influences, il nous plonge au coeur d’un rock posé, aux sonorités travaillées, sa voix complétant avec brio les mélodies. Essayant avec bonheur de nous montrer son talent, Rover nous pond donc un bel album. Pour ma part, je lui prédis des récompenses à la pelle quand on devra faire le bilan de l’année musicale 2012 (parions sur les Victoires de la Musique ou le prix Constantin)

D’ici-là, retrouvez le bonhomme sur Facebook, MySpace et en concert, gratuitement en plus, dans notre chère Laiterie strasbourgeoise le 20 juin 2012… Immanquable !

 

15 avril 2012 Chronique

field music

Ça commence doucement par des carillons, ça monte en rythme rapidement, ça navigue entre pop et prog-rock, ça fait penser au vieux Genesis (à l’époque où Peter Gabriel n’avait pas encore quitté le groupe), aux Beach Boys des fois, à Queen, à Michael Jackson, aux Beatles, à Prince, ça ressemble en même temps à plein de choses mais ça ressemble à rien, c’est FIELD MUSIC, c’est un duo, c’est deux frères (David et Peter Brewis), ça vient de la ville de Sunderland, c’est donc anglais, c’est (déjà) un quatrième album, c’est groovy, c’est dansant, c’est 15 chansons, c’est juste 35 minutes, ça a pour inspiration Leonard Bernstein ou encore le livre Charlie et la chocolaterie, ça se pose des questions (3 chansons ont des titres interrogatifs), ça fait des riffs imparables (le début de Sorry Again Mate, la basse de A New Town), ça va dans beaucoup de directions, ça essaye des choses, ça se rate parfois, ça réussit à d’autres moments, ça tente même une incursion dans le registre classique, ça ose,  ça balance 4 chansons suffisamment géniales pour obliger l’écoute du CD (A New Town, Choosing Sides, Just Like Everyone Else, (I Keep Thinking About) A New Thing).

Ça ne se résume pas, ça s’écoute…

Plus d’infos sur le site officiel, MySpace ou sur Facebook.

PS : Et la funkyssime A New Town est téléchargeable gratuitement juste en dessous… Merci à Field Music

 

Et ça passe le 8 Mars au Nouveau Casino de Paris.

 

19 février 2012 Chronique

Give Me Five DedaleSonore

D’après Wikipedia, le Mashup, également appelé par certains Bootleg, est un genre musical hybride qui consiste en l’association, dans un même morceau, de deux ou plusieurs titres existants, généralement les parties vocales d’un morceau sur la musique d’un autre.

Quand les musiques se mélangent, soit on obtient une grosse bouillasse indigeste, soit on sort un inédit qui vaut le détour. DJ Zebra (que vous pouvez retrouver sur la radio Ouï FM tous les vendredis de 21h à 23h) étant sûrement le « mashupeur » le plus connu de la scène française, voici un Give Me Five de ses meilleurs réalisations.

Led Zeppelin VS The White Stripes

Serge Gainsbourg VS The Beastie Boys

The Beatles VS Nine Inch Nails

The Doors VS Led Zeppelin (et Sean Paul… mais faites comme si il n’était pas là )

The Pixies VS Marvin Gaye

Plus d’infos sur DJ Zebra sur son site internet !

4 janvier 2012 Give me five